"Taxe carbone" : l'entourloupe ?

Publié le par cherki

Concernant la « taxe carbone », je l’avoue humblement, je ne suis pas un spécialiste de ces questions. Pour autant cela ne m’empêche pas de m’intéresser à ce débat. Et, plus je m’y intéresse, plus je ressens la proposition de la « taxe carbone » comme une entourloupe destinée en fin de compte à faire supporter une fois de plus l’effort par les classes populaires et les classes moyennes. Si il s’agit de prélever une contribution sur la consommation des énergies polluantes je crois qu’elle existe déjà avec la TIPP qui frappe durement les ménages. Et plutôt que de les taxer à nouveau, ne faudrait-il pas s’attaquer aux supers profits des compagnies pétrolières et en affecter le produit au développement de l’investissement ? Ce dernier point m’apparaît extrêmement important. Si on ne travaille pas sur une offre alternative d’énergies renouvelables et propres et si on ne développe pas des technologies non ou moins polluantes je crains que l’on n’y arrive pas. Eu égard aux coûts d’investissements requis, je suis persuadé que sans un concours massif de la puissance publique le marché rechigne à le faire obnubilé qu’il est par la rentabilité immédiate à court terme. Or, en France, l’investissement public dans ces secteurs est en panne. Aucun effort sérieux n’est fait pour organiser la conversion progressive de la filière automobile vers l’automobile propre à la différence de ce que sont en train de commencer à  faire les Etats-Unis sous la houlette de Barack Obama. De même, les crédits d’Etat destinés au développement des transports publics collectifs sont progressivement gelés alors qu’il faudrait au contraire les démultiplier. Mais, Monsieur Sarkozy a d’autres priorités en préférant soigner ses clientèles électorales et en gaspillant par exemple 2 milliards d’euros par une baisse de la TVA sur la restauration qui n’a profité massivement ni aux salariés de cette branche ni aux consommateurs. Enfin il serait contreproductif de taxer seulement les entreprises qui produisent en France alors qu’elles sont exposées à une concurrence féroce des pays à bas salaires dans le cadre du libre-échange généralisé. Ces mêmes pays qui eux aussi ne respectent pas du tout les normes environnementales, sans compter le coût écologique que représentent les flux de circulation sans précédent des marchandises à travers la planète. C’est donc à l’empreinte écologique de la production qu’il faut s’attaquer. Et, pour ce faire, il est indispensable de réactiver le tarif extérieur commun aux frontières commerciales de l’Union européenne en même temps que l’on instaurerait une taxe sur les entreprises produisant en Europe. Au final, Monsieur Sarkozy souhaite instaurer un impôt injuste, car non progressif, supplémentaire sur les salariés modestes et moyens. Il s’agit d’une déclinaison concrète d’une politique libérale et je suis très surpris de voir mes amis écologistes tomber bille en tête dans le piège grossier que leur tend le Président de la République. Si on ne lie pas écologie et progrès social alors l’écologie risque de devenir une caution involontaire d’une politique régressive et autoritaire et son influence reculera auprès de la masse de la population. C’est du contraire que nous avons besoin.

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