Very bad trip !

Publié le par cherki

Frédéric Mitterrand est un parangon de l’ambiguïté et c’est pour cette raison qu’il a pu prêter le flanc aux mises en causes dont il a été l’objet depuis quelques jours. Il aurait été plus simple que dès le début il déclara qu’il n’avait jamais eu de relations sexuelles tarifées avec un mineur. J’ai revu sur internet les extraits des émissions télévisées auxquelles il a participé lors de la sortie de son livre il y a quatre ans. A aucun moment il ne lève l’ambiguïté. Dès lors il n’y a pas lieu de s’étonner que des interrogations aient pu naître et naître fortement. Frédéric Mitterrand devait répondre à une question ce soir a-t-il ou non eu des relations sexuelles tarifées avec un mineur ? Il y a répondu précisément et pour la première fois par la négative. Dont acte. Il n’y a donc plus aucune raison de soupçonner Frédéric Mitterrand d’avoir commis le délit de pédophilie. Sur le plan pénal, la culpabilité de Frédéric Mitterrand est donc exclue. D’autant plus exclue que la loi française n’incrimine pas la prostitution avec des majeurs. Reste une question morale. Sur celle-ci chacun peut avoir son opinion. Pour ma part je considère le recours à la prostitution comme la complicité d’une forme d’exploitation, toute aussi réelle qu’elle est légale, à fortiori celle qui a lieu dans les pays du sud et que l’on qualifie de « tourisme sexuel ». Frédéric Mitterrand a indiqué qu’il condamnait le tourisme sexuel. Dont acte aussi. Reste cette polémique qu’il a grandement contribué à alimenter par l’ambiguïté de ses propos. C’est pourquoi Benoit Hamon a eu raison de se déclarer choqué et les responsables socialistes qui ont demandé des clarifications ont eu raison de le faire. Il en allait aussi de la respectabilité de la fonction ministérielle et par delà de l’image de notre pays. Il demeurera un débat sur la valeur artistique de l’ouvrage de Frédéric Mitterrand. C’est un débat accessoire. On peut aimer son livre ou pas. Pour les extraits que j’en ai lus je pense que, d’un point de vue littéraire, Frédéric Mitterrand n’a ni la puissance d’un Nabokov, ni celle d’un Genet.

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