L'impérieuse question démocratique !

Publié le par cherki

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Nous vivons des temps incertains et dangereux. Incertains  et dangereux en raison d’une crise sans précédent qui affecte l’Europe et dont les raisons ne sont pas comme on l’avance l’excessive endettement public mais en raison des réponses qui y sont apportées tant sur la forme que sur le fond. Une forme et un fond qui se mêlent et qui risque de conduire purement et simplement à l’explosion de la construction européenne. Il y aurait beaucoup à dire sur la pertinence de l’analyse catastrophiste assénée à longueur de temps sur la dette publique. Il y aurait beaucoup à dire sur le rôle des prétendus « marchés » qui ne sont pas une entité cohérente où se mêlent comportements mimétiques d’acteurs inquiets et vraie stratégie de spéculation de quelques acteurs structurés, les forces du capital disait-on autrefois, qui ont déjà sévi dans les années 80 en Amérique Latine et à la fin des années 90 en Asie. En tout cas, ce qui n’est pas discutable c’est que l’endettement provient principalement d’un mouvement prolongé depuis plusieurs années ayant conduit à exonérer les riches et le capital de toute pression fiscale normale et a ainsi privé de recettes les Etats dans le même temps sommés de soutenir l’activité de leur économie et la consommation qui en est le moteur actuel. Cela se traduit par un double mouvement de pertes de rentrées fiscales et d’augmentation de la part sans cesse croissante de revenus distribués aux actionnaires sous forme de dividendes. C’est ce cercle vicieux qu’il aurait fallu et qu’il faut toujours briser pour revenir au cercle vertueux de la croissance. Or, quel est la réponse aujourd’hui apportée par l’Europe ? L’austérité et la pression sur les peuples sommés de renoncer à leurs droits sociaux que sont la retraite et la protection sociale dont la privatisation rampante offre un champ d’expansion nouveau au capital financier et à la rente. C’est le but recherché, le moyen en est la pression sur les Etats à travers le coût auquel ils empruntent auprès des banques de quoi financer leur budget privé de l’apport fiscal des riches. C’est la raison de l’attaque dont a été victime la Grèce dont est victime aujourd’hui l’Italie et qui attend l’Espagne et le Portugal après. A cela s’ajoute une fuite en avant de la droite Allemande. Alors que l’Allemagne réalise la grande majorité de ses excédents commerciaux avec six pays européens dont l’Italie et la France, elle a décidé de se désintéresser du sort de ses principaux clients en les acculant à une politique d’austérité sans précédent dont le seul effet sera de plonger la zone Euro puis l’Europe dans une récession qui amplifiera encore et encore la crise. Madame Merkel s’est trouvé un collaborateur zélé et docile en la personne de Nicolas Sarkozy. En effet, le Président de la République passe son temps depuis le début de la crise à céder aux exigences allemandes en donnant le sentiment de diriger le processus au seul motif qu’il aboierait le plus fort des deux. Illusion que tout cela. Le maître n’a pas besoin d’aboyer, son chien s’en charge et Nicolas Sarkozy aboit suffisamment fort au plus grand plaisir de son maître Merkel. Cela prêterait à sourire si les conséquences n’étaient pas aussi dramatiques. Or, à quoi assistons-nous actuellement ? A la mise au pas des Etats récalcitrants soumis d’obéir aux injonctions des prétendus « marchés », injonctions relayées par le directoire Merkozy. La souveraineté populaire est foulée au pied ainsi que l’a montré l’insupportable chantage fait à Papandréou quand celui-ci a eu l’outrecuidance aux yeux de ces puissants de simplement souhaiter consulter son peuple par référendum. Il faut faire très attention au cours pris par les événements. La droite traditionnelle est en trains d’abandonner progressivement la démocratie car la politique libérale qu’elle préconise est en contradiction flagrante avec la volonté profonde des peuples. La droite choisit un directoire qui ne rend pas de compte aux peuples et à leurs parlements préférant une méthode de gouvernement qui rappelle les régimes censitaires des élites prétendument éclairées.  En face se dessine une alternative celle du de la défense de la souveraineté populaire dans un cadre national et souverainiste telle que la revendique aujourd’hui une Marine Le Pen. Si l’alternative qui s’offre aux peuples est de choisir entre une soumission à une oligarchie européiste, libérale et a-démocratique d’un côté et un souverainisme qui assume l’explosion de la zone Euro et le retour au strict cadre des Etats Nations, l’espace politique pour la gauche démocratique risque de se réduire comme une peau de chagrin, voire même connaissant le tropisme de la social-démocratie vers un alignement chagriné sur les thèses libérales au nom de la défense de l’idée européenne et le refus, au demeurant légitime, du repli nationaliste. C’st pourquoi il y a urgence à ce que les socialistes se réapproprient nettement l’exigence démocratique qui ne peut être dissocié de la nécessité de porter une alternative radicale à la dérive libérale et antidémocratique de l’actuelle construction européenne. Il nous faut donc renverser la table si nous aspirons à sauver l’idée européenne et remettre en cause tous les postulats sur le fondement desquels nous avons subi la construction européenne ces dernières années. C’est déjà ce que portaient comme aspiration les socialistes français qui défendirent avec succès le Non au référendum  sur le traité constitutionnel européen en 2005. L’ensemble des socialistes, et au premier chef notre candidat à l’élection présidentielle, en sont-ils capables ? En tout cas je n’entrevois pas d’autre issue à la crise actuelle pour la gauche.

 

 

 

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