On touche le fond !
A celles et ceux qui ont cru à la fable de la nomination désintéressée de Dominique Strauss Khan à la tête du FMI,
A celles et ceux qui pensaient que Sarkozy n’avait joué aucun rôle dans une nomination qui lui aurait été soi-disant imposée par les autres gouvernements européens,
A celles et ceux qui pensent qu’à aucun moment DSK se serait abaissé à conclure un accord avec Nicolas Sarkozy,
A celles et ceux qui pensent que sa démarche est plus honnête que celle d’un Eric Besson, d’un Bernard Kouchner, d’un Jean-Pierre Jouyet ou d’un Jean-Marie Bockel,
A tous ces grands naïfs et aux autres qui n’ont jamais cru à ce conte à dormir debout, nous les invitons à lire l’édifiant rapport que vient de publier le FMI le 19 novembre dernier soit 19 jours à peine après la prise de fonction de son nouveau Directeur Général, Dominique Strauss Khan.
Ce rapport s’intitule « Consultations de 2007 au titre de l’article IV Conclusions de la mission ». Il est consultable depuis le site internet officiel du FMI. Ce rapport est une ode à la politique menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. On y apprend par exemple que :
« La France est en mouvement. L’élection d’un nouveau président et la nomination d’un gouvernement ouvertement réformateur offrent à la France l’occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues. Une ferme volonté réformiste, en véritable rupture avec le passé, associée à un rééquilibrage budgétaire plus marqué qu’il n’est envisagé actuellement, créerait un cercle vertueux combinant hausse de la croissance, assainissement des finances publiques et diminution du chômage. »
Voilà pour la caractérisation louangeuse de Sarkozy et de son gouvernement. Mais le rapport va plus loin et approuve en détail les principaux axes de la politique économique et sociale du gouvernement. Ainsi il affirme que :
« Les priorités et la méthode du gouvernement en matière de réformes sont appropriées. »
Et d’affirmer plus précisément que :
« L’utilisation du facteur travail en France étant parmi les plus faibles des pays de l’OCDE, « gagner plus » suppose incontestablement de « travailler plus ».
Ou encore :
« La hausse tendancielle du SMIC, en renchérissant le coût du travail, a évincé les jeunes et les non qualifiés du marché du travail. Elle a par ailleurs comprimé l’échelle des bas salaires et découragé le travail. »
Et de prôner :
« Une véritable rupture avec le passé et une amélioration réelle du fonctionnement du marché du travail nécessitent d’amender les dispositions juridiques régissant actuellement le licenciement économique, de manière à faciliter les ajustements de main d’œuvre sans passer par la solution coûteuse du licenciement individuel. »
Et quand ce rapport se permet d’émettre des critiques sur l’action gouvernementale c’est pour reprendre à son compte la ligne du MEDEF et des plus libéraux de la majorité en affirmant que :
« Le budget 2008 inclut certes plusieurs initiatives louables, mais il implique également une pause inopportune dans l’effort d’assainissement des finances publiques, conséquence des dispositions de la loi TEPA. »
Et de conclure en affirmant que :
« L’assainissement des finances publiques et les réformes structurelles doivent être considérées comme des éléments complémentaires… »
Ce rapport devrait ôter définitivement toute illusion à ceux qui pensaient que la nomination de Dominique Strauss Khan aurait une quelconque influence sur l’orientation politique du FMI. Ce n’est pas le FMI qui a changé de ligne en accueillant en son sein DSK mais bien ce dernier qui a renoncé à toute velléité de gauche en y accédant aux fonctions de Directeur Général. Mais y croyait-il lui-même ? On peut en douter et on peut être assuré que si tel était éventuellement son intention, Sarkozy n’aurait pas appuyé sa nomination.
PS : vous pouvez retrouver le rapport sur le site du FMI à l’adresse suivante :
http://www.imf.org/external/np/ms/2007/fra/111907f.htm