Déni de démocratie !
Dans un sondage réalisé entre le 3 et le 15 octobre par l’institut Louis Harris Interactive pour le quotidien britannique Financial Times il apparaît qu’une écrasante majorité des citoyens des cinq plus grands pays de l’Union Européenne se prononcent pour la ratification par référendum du futur traité institutionnel européen. Les résultats sont éloquents. En France 63% des sondés sont favorables à la ratification référendaire, ce chiffre monte à 65% en Espagne, 72% en Italie, 75% en Grande Bretagne et 76% en Allemagne. Les personnes opposées au référendum sont 27% en France, 21% en Espagne, 19% en Allemagne, 17% en Italie et 14% en Grande Bretagne. Les indécis varient entre 5 et 14% selon les pays. Malgré cela les peuples, au moins en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne, seront d’ores et déjà privés du droit de décider de leur avenir institutionnel dans l’Europe. Quel déni de démocratie et surtout, quel risque insensé la classe politique fait courir à l’Europe elle-même en la détachant du consentement populaire. Sommes nous toujours des citoyens ou sommes-nous comme au temps des monarchies redevenus des simples sujets sommés d’acquiescer aux diktats des souverains et de leurs oligarchies aristocratiques ? Cette caste ne porte plus d’hermine ou de couronne, ne trône plus dans des châteaux, mais elle porte des costumes trois pièces et décide dans de petits cénacles de ce qui est bon pour nous. A nous de ne pas nous laisser faire et d’exiger que ce soit le peuple et lui seul qui ait le pouvoir de consentir ou non aux institutions. En démocratie, et pour la France en République, c’est le peuple et lui seul qui est le souverain suprême.