Mini traité, méga embrouilles !
L’opération d’enfumage a commencé. Sarkozy va se coucher lamentablement devant les libéraux européens. Ce n’est pas surprenant, il en vient, c’est sa famille et il en partage tous les objectifs. La seule question qui lui importe est d’habiller son recul de manière à transformer médiatiquement sa défaite en victoire. C’est tout l’enjeu de la bataille du "traité simplifié " qu’il a engagé dés son élection. Le 29 mai 2005, 55% des français ont rejeté un projet de Constitution Libérale Européenne. Ils n’ont pas seulement rejeté un texte qui prétendait figer ad vitam æternam une politique libérale, ils ont aussi sanctionné la dérive libérale de la construction européenne. Ce vote a eu un double ressort. Le premier bien évidemment commande de jeter aux oubliettes de l’histoire le texte initial de la Constitution Libérale Européenne. Le second ressort c’est d’exiger une réorientation de la construction européenne. Une Europe qui doit se remettre sur les rails du progrès économique et social. C’est pourquoi Ségolène Royal avait eu raison pendant la campagne présidentielle de vouloir lier l’adoption d’un nouveau texte, même simplifié et limité aux seuls aspects institutionnels, à des pas en avant nouveaux. C’est qu’elle avait maladroitement appelé " l’Europe par la preuve ". C’était cette idée que l’Europe devait reprendre le chemin des projets communs et de la redéfinition de politiques sectorielles européennes sur la recherche, sur l’énergie, sur les dépenses d’infrastructures. Cela passait par une hausse du budget européen et par une réorientation de la politique monétaire de la BCE. Cela passait aussi par une politique vigoureuse de lutte conte le libre-échangisme et l’instauration d’une préférence communautaire en matière douanière afin de protéger notre industrie des délocalisations et des importations massives du continent asiatique. Voilà ce que devrait faire un Président de la République soucieux de la défense des salariés européens et français. Nicolas Sarkozy devrait lier l’adoption d’un nouveau traité à de nouvelles politiques. Il se prépare à faire tout le contraire. Il se prépare à se coucher. Il propose à ses partenaires européens de refermer la parenthèse du NON en adoptant un mini traité. Et vous verrez qu’ils accepteront. Les Allemands feront semblant de se faire tirer l’oreille pour permettre à Sarkozy de présenter aux français sa capitulation comme une victoire. Il n’y a qu’à voir le comportement de l’ultra-libéral Barroso pour s’en convaincre. Celui-ci, dans un partage des rôles parfaitement assumé entre Sarkozy, Merkel et lui-même va s’atteler à appuyer Sarkozy. Et, pour couronner le tout, les Français seront dépossédés de leur droit de décider de leur avenir en Europe puisque ce traité sera soumis à la seule ratification parlementaire et non à leur vote par référendum. C’est un véritable déni de démocratie que les socialistes doivent d’ores et déjà dénoncer dans la campagne législative en exigeant que le texte soit soumis à référendum. Car, n’e doutez pas, une fois la parenthèse du NON refermé par l’adoption du mini traité, les libéraux continueront de défaire l’Europe. Leur prochaine étape : l’adoption du Partenariat Economique Transatlantique, c’est à dire d’un marché transatlantique " libre et sans entraves ". Finalement Sarkozy n’est pas que le caniche de Bush, il est aussi le caniche de tous les libéraux européens. Un caniche qui aboie fort, mais un caniche tout de même. Et dans le rôle des idiots utiles, les inséparables Kouchner et Jouyet. Mini traité, méga embrouilles, il reste aux socialistes à ne pas s’en faire les complices !