Principes !
Je n’ai aucune affinité avec l’action politique violente surtout quand elle débouche sur des meurtres ou des assassinats. Aussi, je n’ai jamais éprouvé de fascination pour l’action de l’ultra gauche allemande ou italienne dans les années 70. D’autant plus qu’elle se déroulait dans des pays démocratiques, certes imparfaits mais démocratiques. Cela vaut aussi pour les exactions commises par Action Directe dans les années 80 en France. Aussi, je trouve normal que nos démocraties se protégent. Mais elles doivent le faire avec les armes de la démocratie. Cela veut dire que la force et la répression nécessaires doivent être au service de l’Etat de droit et non l’inverse. C’est pourquoi j’éprouve un profond malaise dans l’affaire Battisti et que j’étais allé manifester devant la prison de la Santé pour réclamer sa libération et m’opposer à son extradition. La raison en est assez simple. Je suis contre le caractère définitif d’une décision de justice par contumace. Tout accusé, quel qu’il soit, a le droit de se défendre devant un tribunal et d’être jugé en sa présence. S’il s’y dérobe, il peut être jugé par contumace mais ce jugement ne saurait être définitif et un nouveau procès doit pouvoir à tout moment être organisé. Or, la législation italienne, même récemment modifiée, ne permettra pas à Battisti, qui plus est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, de bénéficier d’un nouveau procès. C’est pourquoi je considère que son extradition vers l’Italie constituerait une violation très grave de nos principes juridiques démocratiques fondamentaux. Que la gauche italienne veuille régler ses comptes avec Battisti la regarde ! Mais il est de notre devoir de lui rappeler que la séparation entre la vengeance et la justice est un des frontières qui protégent l’intégrité morale de nos démocraties. Messieurs Prodi et d’Alema il ne sert à rien de donner des leçons justifiées à George Bush pour Guantanamo si vous tolérez une même logique pour Cesare Battisti !