Ultime avertissement !

Publié le par cherki

Il faut avoir la lucidité de regarder en face les résultats des élections cantonales. Ils sont décevant pour le Parti Socialiste. Certes le grand perdant est Nicolas Sarkozy et l’UMP qui atteignent des scores historiquement bas pour un président et une formation qui prétendaient jusqu’à peu rassembler la totalité de la droite républicaine. D’ailleurs les premiers effets de cette défaite n’ont pas tardé à se faire sentir avec l’affrontement entre Jean-François Copé et François Fillon devant un Nicolas Sarkozy qui donne le sentiment d’avoir de moins en moins d’autorité sur son camp. Pour autant le PS ne doit pas pavoiser. Nous aurions du, avec le reste de la gauche, remporter un ample victoire. Le niveau de discrédit de la droite aurait du nous conduire à prendre plusieurs départements. Or, que constate-t-on à l’arrivée ? L’abstention et notamment celle des classes populaires atteint des sommets. Le Front National refait une percée et même s’il ne progresse pas substantiellement en voix au regard d’autres consultations intervenues il y a quelques années il augmente son pourcentage et surtout commence, et c’est plus grave, à se banaliser. Quant, à nous, socialistes, nous réalisons un score décevant. Nous gagnons deux départements sur le territoire métropolitain, mais nous en perdons un et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du Val d’Oise terre d’élection de notre « star » momentanée des sondages, DSK. En outre, nous enregistrons des reculs dans des départements populaires comme le Nord et les Bouches du Rhône où nous perdons des cantons. Nous devons donc prendre ce scrutin comme un avertissement, un ultime avertissement avant la grande confrontation des élections présidentielles. Trois questions se posent aux socialistes. La première différence concerne l’orientation. Force est de constater qu’aujourd’hui nous ne sommes pas suffisamment audibles. Nos conventions se sont déroulées jusqu’à présent en vase clos. Notre orientation est par trop diluée et nos différences ne sont pas assez perceptibles d’avec la droite. Sur les questions fondamentales telles que l’emploi, les salaires, les retraites, la protection sociale et la lutte contre le libre-échangisme mondial et européen nous devons la démonstration d’une double différence par rapport à la politique actuelle de la droite et par rapport à notre propre politique passée. La seconde question concerne la stratégie. Nous devons sans plus attendre organiser le rassemblement de la gauche tant sur le plan électoral que sur celui d’une base programmatique commune et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a maintenant urgence en la matière. La troisième question concerne l’incarnation de notre candidature à l’élection présidentielle. Notre Première Secrétaire doit prendre ses responsabilités et se déclarer au plus tôt candidate à l’investiture. Elle doit rompre le cycle des renoncements des leaders à faire face à leurs responsabilités qui est devenue la maladie infantile et chronique du PS depuis plus de 15 ans. Renoncement de Jacques Delors en 1995, retrait précipité de Lionel Jospin après la défaite présidentielle en 2002, renoncement de François Hollande en 2007. Autant de renoncements qui ont contribué à affaiblir le PS. La candidature à la présidentielle ne saurait reposer sur un quelconque pacte, fût-il conclu à l’ombre du plus charmant des ryads, mais doit découler d’une volonté articulée sur une orientation elle-même adossée à une stratégie. Espérons que nous saurons tirer pendant qu’il en est encore temps les enseignements de ce scrutin.

Publié dans Action militante

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