Tu as tort !

Publié le par cherki

Frêche

On peut avoir du respect pour le bilan d’un homme et pour autant être en désaccord complet avec la manière dont il conçoit l’action politique. Je veux bien évidemment parler de Georges Frêche. Sur son bilan tout d’abord, reconnaissons le honnêtement, Georges Frêche a été et reste un grand bâtisseur de sa ville et de sa région. Il a fait de Montpellier une ville dynamique, moderne et solidaire. Sous sa houlette, Montpellier est devenue une grande capitale régionale, une ville universitaire dynamique, dotée d’une grande vitalité culturelle. Il a toujours eu le souci de mener une politique sociale active. Il a appliqué les mêmes recettes pour sa région, le Languedoc-Roussillon qu’il a, ne l’oublions jamais, ramenée dans le giron de la gauche et arraché des griffes d’une droite alliée avec le FN.

Et puis, il y a l’homme et sa manière d’appréhender le combat politique. Georges Frêche est une très forte personnalité. Ce n’est pas la seule dans notre pays. Il « gouverne » comme un « autocrate » ne supportant pas la contradiction et dirigeant d’une main de fer, préférant des affidés à des alliés et réglant les divergences par la force. Est-il le seul à se comporter ainsi ? Malheureusement non. La frontière est souvent tenue entre la défense de ses électeurs et le clientélisme. Les exemples sont légions à gauche, comme à droite, où les opposants aux potentats locaux sont systématiquement éliminés des responsabilités politiques. C’est une des tares de notre système politique hérité de la Vème République qui, si il a doté à tous les niveaux le pouvoir exécutif des prérogatives nécessaires à son action, n’en a pas moins pour autant affaibli considérablement les mécanismes de délibération collective au nom de l’ « efficacité ». En ce sens Georges Frêche est la manifestation symptomatique du déséquilibre de notre système politique.

On ne pourra pas efficacement lutter contre la caporalisation de l’action politique si on ne repose pas à une échelle plus large cette question.

Et puis il y a enfin ce qui aujourd’hui pose problème, la réitération de ses dérapages successifs après sa tirade sur les harkis, celle sur la composition de l’équipe de France et maintenant la mise en cause de Laurent Fabius.

Loin de moi l’idée de penser un seul instant que Georges Frêche soit raciste. Mais cela ne saurait constituer une excuse, bien au contraire.

Un responsable politique ne doit pas simplement se soucier de ses intentions, il doit aussi se préoccuper de la perception par les autres de ses mots et de ses actes. Il ne s’agit pas de donner une quelconque leçon de maintien, ou de délivrer un je ne sais quel brevet de bienséance. Il s’agit simplement de comprendre que la parole politique est une parole normative. Dés lors, et compte tenu de la plus grande autorité qui s’attache à celle-ci, l’homme politique a une plus grande responsabilité.

Ce qui est choquant dans le comportement de Georges Frêche, c’est bien sûr ce qu’il dit mais c’est aussi par ce que c’est un homme politique qui le dit. C’est pourquoi, si Georges Frêche est aussi sincère qu’il l’affirme, il serait bien avisé de présenter sans tarder ses excuses à Laurent Fabius.

 

Publié dans Carton rouge à

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