Réponse à Jean-Christophe Cambadelis

Publié le par cherki

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Je vous invite à lire le dernier billet écrit par Jean-Christophe Cambadelis sur son blog. Tout d’abord je veux remercier Jean-Christophe Cambadelis de m’avoir qualifié de « socialiste le plus à gauche du monde ». Venant de sa part le compliment me touche mais franchement je trouve l’hommage disproportionné et injuste pour de très nombreux autres socialistes qui dans le monde mérite bien mieux que moi cette honorable caractérisation. Il trouve beaucoup de mes analyses pertinentes, j’apprécie ceci à sa juste valeur car cela émane d’un éminent dirigeant de mon parti, d’un collègue du bureau national doté d’une vaste et large culture et expérience politique. En revanche il craint que la radicalité de celles-ci ne pose un problème de crédibilité à mes camarades de courant. Je le remercie encore du conseil mais je voudrais le rassurer, les socialistes savent distinguer derrière la provocation et les accroches parfois un peu choc, j’en conviens, la substance des analyses. En tout cas j’ai confiance en l’intelligence des socialistes quelle que soit leur sensibilité. C’est mon côté incurable optimiste qui ne souhaite pas, nonobstant les vicissitudes, désespérer de ma formation politique. En outre, n’exerçant aucune fonction dans la direction de mon parti, je me sens plus de liberté pour porter de manière plus anguleuse des questions que j’estime être importantes à traiter par l’ensemble des socialistes. En revanche il est légitime que mon camarade Benoît Hamon qui est porte parole de notre parti soit plus attaché à apporter des réponses pour l’ensemble des socialistes aux questions qu’il m’arrive parfois de poser. D’ailleurs Jean-Christophe le sait bien puisqu’il dit fort courtoisement et fort justement qu’ « il n’y a pas de problème Hamon ».

Au-delà de ces considérations le reste de son billet est intéressant et pose en creux une question de fond : comment rassembler la famille socialiste pour rassembler ensuite la gauche. Jean-Christophe n’y répond pas complètement. Aussi vais-je interpréter ses propos. Ce que j’en comprends c’est qu’il est nécessaire de rassembler tous les socialistes quelle que soit leur sensibilité. Cette nécessité, je la partage, nous la partageons tous. Personne ne doit se sentir exclu de la famille socialiste et tous y sont à égale dignité. En revanche il y a deux manières pour y parvenir. Celle que je crois deviner derrière les propos de Jean-Christophe consisterait à dégager un point d’équilibre à égale distance des différentes lignes des différentes sensibilités de notre parti, afin d’en dégager une synthèse. Pourquoi pas. Mais je crains que cette méthode ne trouve rapidement ses limites. D’ailleurs la période la plus féconde dans l’histoire de notre parti fût celle de la discussion assumée entre deux lignes portées par François Mitterrand et Michel Rocard et du choix fait en faveur d’une de ces deux lignes. Après, bien évidemment il faut savoir tendre la main à l’autre et, si il le souhaite, l’intégrer dans un processus de rassemblement de la famille socialiste. Le choix fait par Mitterrand était le choix pertinent, celui d’être au centre du Parti Socialiste, parce qu’il développait une orientation au centre des préoccupations de la gauche, puis du pays. C’est le choix du mouvement, le choix de la dynamique qui fait bouger les lignes. Je trouve ce choix plus pertinent que celui qui consisterait à rechercher le centre de gravité du parti sans se poser la question du centre de gravité de toute la gauche. Voilà je pense la différence de méthode que j’ai avec Jean-Christophe. Elle est importante car elle peut conditionner des choix d’orientation. Mais je ne la crois pas indépassable. Au moins, il est bon que l’on puisse en discuter de manière apaisée. A suivre donc…

 

 

 

 

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