Allocution prononcée à l'occasion de l'inauguration de la Place des Droits de l'enfant, le 20 novembre 2009

Publié le par cherki

Madame la Première Adjointe, chère Anne Hidalgo,

Madame l’Adjointe au Maire de Paris, chère Myriam El Khomri

Mesdames et Messieurs les Elus,

Monsieur le Président de l’UNICEF,

Chers Concitoyennes et chers concitoyens,
Chers enfants,

 

Il y a 20 ans, le 20 novembre 1989, était adoptée la Convention internationale des droits de l’enfant.

Une Convention qui a vu le jour grâce à l’inlassable et courageux travail de l’UNICEF.

Une convention qui a marqué un progrès juridique incontestable dans l’évolution de la construction d’une société internationale fondée sur le droit et le respect des droits fondamentaux de l’homme.

Un progrès juridique qui ne doit pas nous faire oublier que le droit ne vit que si il est respecté, que si il part de sa définition formelle indispensable pour aboutir à une effectivité de sa mise en œuvre.

20 ans après son adoption, la Convention internationale des droits de l’enfant est plus que jamais d’actualité.

Comment se satisfaire d’un monde injuste, inégal dont les enfants sont malheureusement trop souvent les premières victimes de son désordre.

Comment se satisfaire d’un monde où, selon les études publiées par l’ONU et l’UNICEF il existe entre 250 000 et 300 000 enfants soldats martyrs, embrigadés de force pour combattre dans des milices ou des armées gouvernementales et dont une majorité ont entre 10 et 15 ans.

Comment se satisfaire d’un monde où des millions d’enfants sont soumis à l’exploitation sordide de la prostitution, sont victimes d’abus sexuels, un monde où l’on estime que chaque année 1,2 million d’enfants sont victimes de la traite et 2 millions victimes d’exploitation et de sévices sexuels.

Comment se satisfaire d’un monde où selon les termes mêmes définis dans la Convention 138 de l’Organisation Internationale du Travail 350 millions d’enfants sont victimes d’un travail inacceptable, c’est-à-dire un travail qui « compromet la santé ou la sécurité physique ou morale de l’enfant ».

Comment se satisfaire d’un monde où 850 millions de personnes sont victimes de malnutrition où l’OMS a recensé en 2007 20 millions d’enfants de moins de 5 ans victimes de malnutrition et où les responsables du Programme Alimentaire Mondial et ceux de l’UNICEF ont calculé que 18 000 enfants mourraient chaque jour de faim.

Ce monde, notre monde est injuste, égoïste, c’est un monde où une minorité concentre et accapare les richesses, les ressources au détriment de l’immense, de l’écrasante majorité de la population mondiale.

Un monde où l’inégalité des échanges, fruit d’un libre-échange incontrôlé et d’une dérégulation financière généralisée produit injustices, corruption, misère, intolérance et guerres.

Ce monde, nous devons le changer et le changer en premier lieu avec les armes du droit.

Ce combat juste doit malheureusement se mener aussi chez nous, en France, le berceau des droits de l’homme.

En France, où comme un triste symbole, le gouvernement s’apprête sans vergogne à supprimer le poste de défenseur des enfants.

En France où, nonobstant l’article 3 de la Convention internationale des droits de l’enfant qui stipule que « dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale », le gouvernement applique une politique scandaleuse de reconduite à la frontière d’enfants pourtant scolarisés sur notre territoire et dans nos écoles au seul motif qu’eux ou leurs parents ne seraient pas dotés d’un titre de séjour régulier.

C’est pourquoi ce jour est un grand jour pour le 14ème et pour Paris.

Je voudrais solennellement remercier l’UNICEF d’avoir proposé, quand j’ai rencontré son responsable parisien, de m’avoir proposé que le 14ème accueille une place des droits de l’enfant.

Je voudrais solennellement remercier la Maire de Paris, Bertrand Delanoë, sa Première adjointe Anne Hidalgo et son adjointe chargée de la protection de l’enfance, Myriam El Khomri, d’avoir accepté sans hésiter un seul instant que notre 14ème arrondissement puisse avoir l’insigne honneur d’accueillir cette place des droits de l’enfant.

Je voudrais enfin remercier tous ces jeunes écoliers, leurs enseignants et les animateurs des centres de loisirs qui se sont appropriés cette belle et nécessaire Convention internationale des droits de l’enfant.

Par cette inauguration, nous accomplissons un petit geste, un geste qui ne soulagera malheureusement pas la détresse de tous ces enfants.

Mais ce geste est important car il marque notre refus du cynisme et de la fatalité et il doit résonner partout dans Paris comme une invitation à poursuivre notre combat pour la défense de tous les enfants sur notre planète.

Je vous remercie.

 

 

Publié dans Action municipale

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