Décompositions !

Publié le par cherki

Bonne année 2008 à vous tous et vous toutes chers lecteurs et chères lectrices de mon modeste blog. Une année qui commence en fanfare et sous le signe des décompositions. Décompositions sur l’Europe où l’on assiste au spectacle révoltant d’un Président de la République qui, non content de fouler aux pieds la souveraineté populaire, entend en sous main favoriser la candidature de Tony Blair à la Présidence de l’Europe. Tony Blair le moins européen de tous les responsables politiques. Tony Blair dont le gouvernement dont il avait la charge a refusé de faire entrer son pays dans la zone euro. Tony Blair dont le gouvernement dont il avait la charge a toujours refusé toute avancée, même très timide, en matière d’Europe sociale. Tony Blair qui fût le fidèle soutien de Bush dans la guerre mensongère et criminelle en Irak. Malheureusement le cynisme et la décomposition ne sont pas qu’à droite, ils gagnent aussi nos rangs. Ainsi, bon nombre de nos députés s’apprêtent à renier l’engagement pris devant les français à l’occasion des élections présidentielle et législatives selon lequel tout nouveau texte institutionnel sur l’Europe devrait faire l’objet d’un vote des français par référendum. Ce reniement se fait sous un argument fallacieux et méprisable selon lequel la question aurait été tranchée par l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy qui s’était engagé à ne pas faire de référendum. A ce compte là on se demande à quoi sert l’opposition d’un point de vue national. Heureusement que plusieurs députés socialistes, emmenés par Henri Emmanuelli, demeureront fidèles à leurs engagements pris devant le peuple et défendront la souveraineté de ce dernier.

Décompositions aussi sur le terrain social. Alors que la crise des supbrimes, dernier avatar de la financiarisation du capitalisme est en train de provoquer une crise de très grande ampleur, je vous renvoie à mon article « clash ou crash » publié sur mon blog en juillet 2007, alors que l’économie française souffre d’une double crise de l’offre, en raison du sous investissement chronique dans l’appareil de production, et de la demande en raison de la compression des salaires, de quoi discutent, à l’initiative du gouvernement, syndicats et patronat ? De la hausse des salaires ? Non ! D’une nouvelle réglementation fiscale et sociale visant à assécher la rente et favoriser l’investissement ? Non ! Ils discutent et concluent un accord visant à accroître la flexibilité, donc la précarité des salariés ! Une fois encore, les salariés seront la variable d’ajustement d’un capitalisme financiarisé dont l’objet principal demeure encore et toujours la rémunération de l’actionnaire au détriment de l’investissement et des salaires. Un capitalisme financiarisé qui réussit désormais à ponctionner l’économie au lieu de la financer. Vous en doutez ? Alors méditez ce seul exemple. Désormais, en Europe les émissions nettes d’actions sont négatives. C’est-à-dire qu’il se lève moins de capitaux sur le marché primaire qu’il n’est reversé de dividendes ou n’est opéré de rachats d’actions. Mais de cela, on n’en parle pas et pour cause, cela nous conduirait à remettre en cause la machine folle du capitalisme financiarisé et à s’attaquer aux vrais privilégiés. Pour cela il manque deux qualités à nos apprentis en décompositions : la lucidité et le courage.

 

Amis lecteurs et amies lectrices, je sais que vous, en revanche, vous ne manquez ni de lucidité, ni de courage. Alors à vous encore une fois bonne année.

Publié dans J'ai vu...

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Martine NPS 85 19/01/2008 16:22

Lectrice de ton blog, je te remercie de tes vœux Pascal et t’adresse tous les miens.
Je souhaite, pour ma part, que les décompositions que tu évoques se transforment en défis auxquels nous saurons faire face.

 

La politique  gouvernementale (dans la « droite » ligne du souhait exprimé par Denis Kessler de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la résistance » -Cf l' éditorial du 4/10/2007 du magazine Challenges-) s’efforce de désolidariser les bien portants des malades , les travailleurs des chômeurs suivant en cela  un mouvement vers  ce que J.Généreux appelle la « dissociété néo-libérale ».
Dans un tel modèle, l’ordre social est maintenu de façon « ante-moderne », non par  la participation commune et réfléchie des citoyens aux décisions , non par l’action politique  sur les conditions sociales d’accès de tous à cette autonomie  mais bien plutôt par le renforcement du lien de dépendance des individus à leur sous-communauté initiale (si possible religieuse comme le Président de la République s’évertue si souvent à le rappeler). Nous savions que nous aurions à mener ce combat idéologique et politique . Sur ce plan là au moins  pas de déception: la politique mise en place depuis l'élection présidentielle tient, hélas, toutes ses promesses. 
 

Nous avions peut-être un peu moins anticipé l’énergie qu’il faudrait mettre pour tenter d’éviter que nous ne  marquions  nous-mêmes contre notre camp !
La décision de  « boycotter » ou   -posture peut-être un peu moins « rebelle »- de s’ « abstenir » au congrès de Versailles que risquent de suivre  de trop nombreux parlementaires socialistes participe aussi de cette décomposition. En n’utilisant pas tous les moyens (le vote « non ») à notre disposition pour contrer le déni de démocratie d’une ratification parlementaire d’un traité- copie quasi conforme du TCE rejeté-qui implique des abandons de souveraineté et en ne permettant donc pas que le référendum ait lieu, ils ne renforceront pas le lien social et politique mais contribueront à désenchanter un modèle représentatif déjà à perfectionner .
Cette abstention de parlementaires socialistes suit une cohérence qui n’est évidemment pas celle qui est médiatiquement affichée ( à savoir le respect de notre engagement). Il s’agit bien plutôt de permettre au traité de passer sans une consultation populaire trop potentiellement problématique dans son résultat pour beaucoup, sans que des débats dans le pays ou dans le parti n’aient  lieu.
Cette abstention qui s’oppose dans les actes aux paroles et aux engagements pris repose  en ce sens sur le pari d’une désinformation citoyenne sur un traité présenté comme « simplifié » (pari, semble-t-il, gagné) comme sur les procédures et leurs enjeux. Elle parie aussi sur la mémoire défaillante des électeurs d'une part (oubliant  ce qu’ils ont pu entendre de notre part) des militants d'autre part qui pourraient faire campagne un jour sur un «  pacte » ou un programme en oubliant tout dès le lendemain ou presque.
Faut-il dès lors s’étonner que le parti socialiste soit non seulement acteur mais aussi victime d’une « décomposition » ? Le non-respect de l’abstention par les parlementaires qui voteront « non » à Versailles signifiera, contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là, non pas une volonté de désunion mais la conscience de la vigilance nécessaire vis-à-vis des pathologies possibles du modèle représentatif, le refus d’une dérive technocratique de la politique présentée comme un travail d’expertise à réserver à quelques-uns au lieu de favoriser un travail de délibération  et de décision des citoyens.
Refuser la ratification parlementaire et donc s’opposer à la consigne de boycott ou d’abstention c’est simplement ne pas oublier que le lien entre les citoyens et leurs représentants n’est pas, en droit, un lien de dominés à dominants . C’est aussi, évidemment, rappeler que sur cela la parole de tous les socialistes avait été clairement donnée et qu’elle doit être fiable pour l’électeur.  C’est sur cela que l’unité aurait dû se faire. Et je ne parle pas du contenu du traité ainsi approuvé sur lequel tant serait aussi à dire…

 


 

Malgré tout, bonne année 2008 Pascal
Martine

cherki 24/01/2008 12:28

Tu as dit l'essentiel. Je n'ai rien à ajouter.

JL COLOMBANI 16/01/2008 20:30

Bonne année Pascal.
L'année des recompositions!
Il faut commencer par cela.
Renaitre quoi!
Il n'y a pas de mon point de vue d'économies à faire sur les valeurs, le socle des lumières.
La recomposition passe par le dialogue.
La démocratie d'opinion est un piège, c''est sur le terrain en parlant avec les gens, en les soutenant que l'on gagne des combats.
A toi, à nos valeurs, celles qui font qu'au delà de nos différences nos échanges ne sont pas des mononogues, avec toute mon amitié.
JL

cherki 24/01/2008 12:27

Merci de ton message. En effet je partage ton point de vue sur les limites de la démocratie d'opinion.