Affligeant !

Publié le par cherki

Affligeant ! Je n’arrive pas à masquer ma stupéfaction devant l’irresponsabilité de François Hollande et de toutes celles et de tous ceux qui l’ont suivi dans ce vote en faveur du nouveau traité européen. Alors que Sarkozy s’apprête à fouler aux pieds la souveraineté populaire certains au Parti Socialiste n’ont rien trouvé de mieux, au lieu de concentrer tous leurs efforts dans la défense du référendum, que d’aller déposer la couronne du PS aux pieds de Sarkozy. D’ailleurs François Fillon ne s’est pas fait prié pour « féliciter » le PS de sa prise de position. Le vote du Bureau National risque d’être vécu comme un bras d’honneur à la majorité des électeurs et des électrices de gauche qui avaient voté non et qui attendaient des dirigeants du 1er parti de gauche qu’ils défendent becs et ongles leur souveraineté populaire. Le vote du Bureau National risque d’être vécu comme une insulte par nos mêmes électeurs et électrices qui attendaient autre chose qu’un alignement du PS derrière Sarkozy. Ce vote a crée une double fracture. Une fracture entre socialistes qui n’était pas nécessaire au moment où notre unité est si indispensable pour s’opposer efficacement à la politique antisociale de ce gouvernement. Quel cynisme, alors que de notre côté nous avions tendu la main et fait tous les efforts nécessaires pour essayer de dégager une position commune ! Mais encore s’il n’y avait que la fracture entre socialistes, aussi dommageable soit-elle à l’efficacité d’un travail d’opposant à Sarkozy qui se fait toujours attendre, on pourrait malgré tout s’en accommoder. Mais il y a pire. Il y a cette fracture récrée volontairement par la direction du PS avec notre électorat. Les français ont déjà voté en 2005 et l’électorat de gauche avait massivement voté non. Le minimum de décence démocratique consistait à entériner ce vote. C’est ce que nous avions fait ensemble au moment de la synthèse du congrès du Mans. Cette synthèse qui avait permis à notre parti d’intégrer dans son programme la revendication incontournable d’un référendum pour tout nouveau traité à venir puis sa reprise en compte dans le programme présidentiel de Ségolène Royal, sa 98ème proposition. Tout cela a été défait. Et, au moment où de plus en plus de salariés et de jeunes excédés par la politique injuste de ce gouvernement se mobilisent pour y résister, le seul message que trouve à lui adresser nos responsables c’est : on est d’accord avec Sarkozy ! Il est grand temps que notre parti se ressaisisse. Les militantes et les militants du PS doivent reprendre en main le destin de leur formation politique et sauver le PS malgré l’inconséquence de François Hollande et de ses partisans. Désormais, cela constitue un impératif moral et politique incontournable si l’on veut qu’il continue d’exister une gauche dans ce pays qui se voit un autre destin que le ralliement ou l’alignement derrière Nicolas Sarkozy.

Publié dans Carton rouge à

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Martine NPS 85 09/11/2007 18:51

Affligeant, c’est bien le mot…la distance de notre parti avec son électorat s’apparente de plus en plus à un véritable gouffre : au soupçon de ne plus vouloir véritablement réguler l’économie de marché, redistribuer les richesses, lutter contre les inégalités, s’adjoint maintenant la crainte  d’un déni démocratique réel.
J’ai pu le mesurer hier soir lors d’une conférence de J.Cotta sur la précarité et les travailleurs pauvres à la Roche/Yon (au passage, notre paradis villiériste est le 3ème département pour le recours à l’intérim, l’une des championnes en matière de bas salaires). Le thème de l’Europe et celle du traité dit simplifié ont, bien entendu, été abordés dans la conférence comme dans la discussion avec la salle. Comme nous étions deux socialistes (NPS), connus de nombreuses personnes de l’assistance avec lesquelles nous partageons souvent luttes syndicales et sociales, nous avons naturellement été interpellés  sur notre position , comme socialistes "de l'aile gauche": allions-nous cautionner ou non un éventuel vote positif du ps au congrès - voire une abstention dont tout le monde sait qu’elle ne bloquerait rien et serait une approbation mal assumée d’une ratification parlementaire - quand seul un vote négatif l’empêcherait ? Difficile de critiquer une procédure théoriquement et  de ne pas se servir pratiquement des moyens dont on dispose pour la faire échouer. Difficile quand nous n'avons même plus l'argument stratégique de la nécessité de l'unité pour mieux lutter.
Notre réponse fut claire : nous avons désapprouvé le déni de démocratie prévu par N.Sarkozy et avons affirmé tout faire pour peser au sein du ps pour que les engagements pris soient tenus. Notre action est attendue, regardée...  Un second vote positif du ps ou l'association du 1er à une simple astention , rendrait l’adhésion de beaucoup problématique mais compromettrait surtout la reconquête du pouvoir par la gauche.
Tu l’écris Pascal « les militantes et les militants du ps doivent reprendre en main le destin de leur formation politique », les lecteurs de ton blog partageront sans doute très majoritairement cet avis. La question est …comment ? Une pétition interne pour un vote « non » au congrès n’est-elle pas envisageable ?

cherki 12/11/2007 18:41

Tu parles d'or Martine. Pour la pétition, pourquoi pas.

Jean-Marie Mendy 09/11/2007 12:37

Bonjour Pascal,
Le Parti socialiste va payer chèrement cette position, nous ne sommes pas prêt de revenir au affaires avec ce type de démarche.
L'électorat populaire avait voté "oui" à Sarkozy,. Maintenant, nous l'aurons pour dix ans.
Enfin, a quoi servent nos Statuts, le BN était-il compétent pour se saisir de cette question et le CN pouvait-il, objectivement, déléguer une question qui relève de sa sphère de compétence exclusive ?
Je terminerai sur un point, dorénavant, le PS va devoir compter les militants qui iront tracté, collé........ Nous avions du mal à recruter, là ce n'est plus la peine.
Jean-Marie Mendy
Secrétaire e section

cherki 12/11/2007 18:40

En effet on a pas fini d'en souper avec cette position.

Christian Vély 09/11/2007 10:56

Pourquoi pas une pétition de militants du PS, pour demander un référendum interne... et demander la tenue d'une "conférence militante" (art 6.9 des statuts). Il faut que 5000 adhérents répartis dans 20 fédérations demandent au conseil national de la réunir. Faisons vivre la démocratie participative dans le parti !

cherki 12/11/2007 18:40

Pourquoi pas en effet.

Ducome Patrick 09/11/2007 10:37


PS utile ou PS inutile ? par Patrick DuCome
 08 Novembre 2007
 


  
 

En 2005, Nicolas Sarkozy déclarait que « le parti socialiste était inutile parce qu’il s’opposait à tout ».
Le parti socialiste qui aime bien recevoir des conseils avisés a compris la leçon.
En 2007, à la demande du même Sarkozy devenu président de la République, certains de ces éléments et pas des moindres acceptaient une collaboration avec le gouvernement de F. Fillon savoureusement appelée "ouverture". Depuis peu, sans réclamer le référendum qui semble dû aux Français, une majorité au bureau national se prononce sur le contenu du traité de Lisbonne et positionne l’ensemble du parti sur un vote favorable de la part de ses parlementaires. Exit la fameuse participation démocratique au profit de la participation collaborative !
Enfin, les positionnements de certains cadres du parti qui font des copiés -collés sur des pans entiers du programme de droite font qu’aujourd’hui Nicolas Sarkozy a de quoi être satisfait puisque le parti socialiste est à ses yeux redevenu utile parce qu’il s’oppose désormais… à rien. 
Malencontreusement pour les socio-libéraux, demeurent d’incorrigibles socialistes qui pensent encore que leur parti peut peser à gauche sans jeter ses fondamentaux aux orties.
Sans aucun doute, ils se mobiliseront davantage encore pour que les Français réclament le référendum qui leur semble arbitrairement soustrait. Et si la pression est si forte que le président en soit obligé de recourir à la voie référendaire, le PS, dans sa stratégie de compromission, aura une fois encore fait tout faux.
Prenons garde : plus le PS apparaîtra utile à  N. Sarkozy et moins il le sera aux millions de Français qui fondent des espoirs sur une rénovation forte à gauche.
Et si le parti qui devait porter leurs espérances continue à « faire la courte-échelle à Nicolas Sarkozy » ce sont les mots de JP. Chevènement, c’est dans la rue que les électeurs bafoués s’exprimeront au grand dam d’un parti politique qui était censé porter leurs couleurs.
 
 

Benoît Hamon, à juste titre, en démissionne du secrétariat national à l’Europe puisque le PS a réussi à se diviser sur l’opportunité de soumettre le texte à référendum alors, écrit-il,  qu’il avait fait de ce principe une « obligation démocratique » lors de la campagne présidentielle et que ce principe est soutenu par une large majorité des français.
 
 

Par ailleurs, les partisans socialistes du Non d'hier dans leur grande majorité souhaitent un référendum sur le traité de Lisbonne.  Le mouvement Gauche Avenir,  emmené par Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilés, a  lancé un débat sur le Web et tente de mobiliser l'opinion contre le texte et tente de réunir avec d’autres un million de signatures contre le processus de ratification parlementaire choisi par le chef de l'État.

Entre la « gauche inutile » qui se mobilise et la « gauche utile » qui fait le dos rond., le calumet de paix est loin d’être fumé d’ici le congrès du PS. Mais les Français n’attendront peut-être pas le temps de la Saint Glin-glin pour dire leur fait aux princes.----------
 
 

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cherki 12/11/2007 18:40

Utile en principe.

Bruno Rivier 08/11/2007 18:51

Bien dit !

cherki 12/11/2007 18:39

Merci Bruno.