Simulacre !

Publié le par cherki

Les 27 gouvernements se sont mis d’accord sur un nouveau traité européen. Pour ne pas froisser les opinions publiques ils se garderont de parler de Constitution européenne. Mais, au-delà des précautions et des clauses de style, c’est bien une version à peine amendée de l’ancienne Constitution qui a été adoptée. Les références au drapeau européen ont disparu, la belle affaire ! Ce n’était pas cela qui était en cause dans l’ancienne Constitution mais son caractère libéral et sa volonté de figer dans le marbre une seule politique, la politique libérale. Cela a-t-il disparu ? Fichtre non ! Cela a été à peine maquillé, dissimulé selon la bonne vieille technique des protocoles additionnels. Ainsi les gesticulations sarkosystes sur la prétendue disparition du principe de concurrence libre et non faussée ne sont qu’un leurre. Ce principe demeure partie intégrante dans l’ordre juridique européen en étant annexé à un protocole additionnel. On nous dit que ce n’est pas la même chose, c’est faux ! Rappelez vous la crise des années 60 qui avait aboutit au « compromis de Luxembourg ». A l’époque De Gaulle refusait le passage programmé dans le traité de Rome au vote à la majorité qualifiée et voulait que l’unanimité demeure la règle de décision. De Gaulle avait exigé une modification du traité de Rome. Ses autres partenaires avaient refusé. Il avait alors décidé de pratiquer la politique de la chaise vide bloquant ainsi le fonctionnement de la CEE. Finalement un compromis avait été trouvé. Afin de ne pas faire perdre la face aux autres pays européens le traité de Rome n’avait pas été modifié mais un protocole additionnel avait été rédigé qui prévoyait le droit pour un pays de faire prévaloir son veto. De Gaulle avait atteint ses objectifs politiques et juridiques en sauvegardant les apparences des autres pays. En outre et pour qui sait lire les articles 86, 87 et 88 du nouveau traité reprenent in extenso les anciens articles de la défunte consitution européenne sur les interdictions des aides d'Etat censées fausser le jeu de la concurrence. De même les missions de la Banque Centrale Européenne demeureront les mêmes, à savoir la seule lutte contre l’inflation, c'est-à-dire la défense des rentiers (article 105 du nouveau traité). Et la Banque Centrale de demeurer indépendante et de surcroît protégée contre toutes les « recommandations » éventuelles d’un des Etats membres ou d’une des institutions de l’Union (article 108 du nouveau traité). L’Europe Sociale est toujours au point mort et ce n’est pas la ridicule charte des droits fondamentaux, dont au passage la Grande Bretagne et la Pologne ont obtenu la non applicabilité, qui modifiera le cours social désastreux de l’Union Européenne. Enfin, l’Europe ne se dote pas des moyens financiers pour mener une politique volontariste d’investissement seule à même de mettre un terme au dumping fiscal et social entre les Etats membres. Au final nous avons donc une nouvelle version de la Constitution européenne dont la réécriture a été maquillée afin d’amadouer les peuples européens.

 

 

 

Dans cette situation, quelle doit être la position des socialistes français ? Nos désaccords demeurent et ne pourront pas être artificiellement surmontés. J’entends la nécessité de préserver notre unité et le souci de dégager une position commune. Cependant ces considérations tactiques respectables ne doivent pas prendre le pas sur le fond. Mais plus que tout, c’est le peuple français qui doit être juge de ce traité. En démocratie, on n’impose pas des institutions au peuple. Seul le peuple souverain peut consentir à des institutions. Les élus, les formations politiques peuvent éclairer le choix populaire mais ne peuvent s’y substituer. C’est donc au peuple français et à lui seul d’avoir le dernier mot. Toute autre position serait une confiscation et un viol de la démocratie. A cela ne pouvons y consentir d’autant plus que les français se sont déjà prononcés par référendum le 29 mai 2005. Dés lors les socialistes doivent mener un combat déterminé pour exiger un référendum. C’était d’ailleurs une des promesses fortes de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle. Si Sarkozy refuse le référendum alors nous devrons déposer une motion de censure du gouvernement et annoncer que nous boycotterons les votes à l’Assemblée Nationale, au Sénat et au Congrès afin de ne pas nous rendre complices de cette mascarade antidémocratique. Nous ne devons pas être les complices de Sarkozy !

Publié dans Carton rouge à

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Nathalie Brion 29/10/2007 15:50

Oeuvrer pour tâcher d'imposer le recours à un nouveau referendum soit. Les français ayant d'abord voté "non" à la chiraquie avant de voter "non" à l'Europe, il est possible qu'ils donnent cette fois un blanc seing à Nicolas Sarkozy comme ils l'on fait lors de l'élection présidentielle. Le hic réside dans le fait que le discours de "gauche" , hétérogène et contradictoire respire à plein nez la tactique, pas même la stratégie, de positionnement politique. Bilan de l'opération on n'y comprend rien. Quelles sont les valeurs de la gauche aujourd'hui? quelle est leur vision de l'Europe: Fédération, politique étrangère commune, élargissement etc, etc...Entre Ségolène Royal qui fait du tourisme, Hubert Védrine qui rejoint Sarkozy mais se montre plus anti-européen que jamais (tout en oeuvrant pour le promoteur du traité simplifié!), Benoît Hamon marxiste, anti traité simplifié mais député européen, Vincent Peillon qui est contre puis pour, puis contre, Laurent Fabius, qui manoeuvre pour savoir qui pousser comme 1er secrétaire, et qui prépare 2012 (non hélas pas les JO mais bien la présidentielle avec un slogan: "mangez des carottes"!), Manuel Valls qui s'occupe de sa carrière (manque de bol il semblerait que celle-ci soit chez Sark), Arnaud Montebourg qui du haut de sa posture de Saint Just vilipende EADS tout en écrivant des mots doux à D de Villepin, pur produit du système chiraquien! Hommes de gauche, où êtes vous? Le jour où vous aurez répondu à cette question, peut être serez vous en mesure de dessiner une véritable vision de l'Europe. Hélas, il semble que la nouvelle génération soit plus vile encore que les éléphants qu'elle s'échine à tuer à longueur de colonnes

l'insurgé 22/10/2007 21:13

et la position de ton pote Benoit Hamon tu en dit quoi?

cherki 23/10/2007 11:47

Je dis toujours beaucoup de bien de mon excellent camarade Benoît Hamon. Si il n'y avait que des Benoît Hamon au PS, cela fait longtemps que mon parti serait redevenu le grand parti de gauche que je souhaite construire.