Nkosi sikeleli Afrika et allez les bleus !

Publié le par cherki

Puisque tout le monde y va de son petit commentaire, alors pourquoi pas moi ? Tout compte fait je ne suis pas le plus mal placé, non ? Je ne fais pas profession d’être maître expert en science du rugby. C’est au football que je sais le mieux mes gammes. Mais, j’aime le rugby. Je l’aime tellement qu’en 1999, j’ai cassé ma tirelire pour pouvoir encourager en vain nos bleus en finale à Cardiff. Je l’aime tellement qu’ayant eu le privilège d’être invité par la Fédération Française j’ai encouragé les australiens dans leur magnifique résistance en finale en 2003 à Sydney face à des anglais impériaux et remarquables. C’est dire si je me délecte de pouvoir suivre cette coupe du monde en France. A chaque compétition de football et de rugby j’encourage la France et une autre équipe nationale. La France par un patriotisme débonnaire que j’assume sereinement. L’autre équipe en fonction de critères personnels et pas toujours rationnels. Au football c’est l’Argentine à laquelle je voue une adoration sans borne depuis que Maradona en porta les couleurs. Au rugby c’est l’Afrique du Sud, les Springboks. Ma passion des Springboks a deux ressorts. Le premier, le plus important, est lié  à mon combat de jeunesse contre l’apartheid. Autant je détestais les Springboks du temps de l’apartheid, autant je les aime inconsidérément depuis. Le deuxième tient à la qualité du jeu des Sud Africains. Le Sud Africain est dur au mal, c’est un combattant, pas forcément le plus brillant, mais assurément le plus opiniâtre et le plus discipliné. Et quand, en plus, il compte dans ces rangs un génie comme Bryan Habana tout devient possible. Les Springboks nous ont offert une leçon de rugby dimanche contre les Samoans. Après une première période bien gérée où ils continrent la furia samoane, ils nous offrirent un récital en seconde mi-temps ponctuée de six essais. En seconde mi-temps les Boks, ayant pris la mesure de leurs adversaires, décidèrent de régaler le public en déployant un rugby de passes qui n’était pas sans rappeler la fameuse « french touch » d’hier. Il faudra être fort pour battre cette armada composée de 13 Dolph Lundgren et 2 Jean Tigana. Comme il faudra être fort pour empêcher cette coupe du monde du monde de ressembler à un Tri Nations auquel on aurait adjoint 17 wild cards pour arriver à 20 participants. Et nos bleus dans tout cela ? Certes tout n’est pas perdu. Après tout l’Angleterre est parvenue en Finale en 1991 après avoir perdu son premier match. Mais il faut un sursaut collectif. Les joueurs doivent reprendre le pouvoir pour y porter l’imagination. Nos bleus doivent se réapproprier la coupe du monde, leur coupe du monde. Ils doivent faire abstraction de tout le reste pour se concentrer sur l’essentiel : le plaisir de jouer. On les aiderait grandement en leur foutant une paix royale. En arrêtant cette comédie pitoyable qui conduit à en faire les dépositaires du moral des français, de la santé de notre économie nationale, de la mémoire de la résistance et je ne sais quelle autre comparaison déplacée et mortifère. On ne joue pas libéré avec un pistolet symbolique pointé sur la tempe.

 

 

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Manue 11/09/2007 10:48

Suis d'accord avec toi pour l'équipe sud-africaine, pour les mêmes premières raisons ... je me souviens quand mon père allait abev Jean-Pierre Rives avec l'équipe de France en Afrique du Sud en 79-80, sous l'apartheid, parce que la FFR pensait qu'une des façons d'en sortir, c'était d'aller les voir, et de parler, parler de l'abomination de l'apartheid, obtenir le droit de renconter Desmond Tutu en prison, le rencontrer, en rendre compte en France, rencontrer des africains noirs dans les ghettos et rapporter le ballon jusqu'à eux ... Ils l'ont fait plusieurs années de suite, je ne sais pas si ça a servi à grand chose, mais je ne crois pas que ça ait été totalement inutile ...