C'est arrivé près de chez vous !

Publié le par cherki

Essayez d’imaginer le pays où 80% des fonctionnaires vont désormais perdre leur statut et leur emploi à vie pour basculer dans un statut similaire au droit privé intitulé « contrat de travail avec la fonction publique » ? Ce changement concernera tous les fonctionnaires à l’exception des 20% de ceux qui ressortent des fonctions « régaliennes » de l’Etat (forces armées, services de police et d’information, diplomates, magistrats et cadres administratifs). Bien évidemment cela ne s’appliquera qu’aux nouvelles embauches, les fonctionnaires actuellement en place conserveront leurs droits sociaux. Alors vous avez trouvé ? Non, il ne s’agit ni des Etats-Unis de Bush, ni de l’Angleterre de Thatcher. Aucun de ces gouvernements ultra-libéraux n’avait osé aller aussi loin. Il ne s’agit pas non plus d’un projet de Nicolas Sarkozy. Non, cela se passe en ce moment au Portugal en vertu d’une loi dite de « modernisation » de l’administration à l’initiative d’un gouvernement qui se prétend socialiste. Vous n’avez pas rêvé, j’ai bien dit socialiste ! Comme quoi on ne touche jamais assez le fond de « l’adaptation » aux « réalités » quand on se prétend socialiste « moderne ». Avis à toutes celles et tous ceux qui pensent que l’on peut être de gauche et social libéral en même temps ! Au fait, j’avais oublié de préciser que la dite loi de « modernisation » de l’administration avait prévu de mettre fin pour l’ensemble des employés de l’Etat aux promotions et augmentations et augmentations de salaire automatiques à l’ancienneté et elle introduit le principe de l’avancement au « mérite ». On est en droit de se demander légitimement ce que l’on fait dans le même Parti Socialiste Européen que nos « camarades » portugais !

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jean-claude 03/09/2007 16:01

les actionnaires , le patronat ... ah la la que de méchants messieurs...
Au fait , qu'est ce qui justifie la présence de fonctionnaire dans des services autres que les fonctions régaliennes d'un état ???
Pour moi , rien , mais vraiment rien si ce ne sont des archaïsmes et des précarrés de syndicat que ne représentent qu'eux mêmes...

Jacques 27/07/2007 12:55

Camarade,Je ne comprends vraiment pas ton refus d'appliquer le même statut à tous les travailleurs.Historiquement, la CGT était même contre un statut spécifique pour les agents du public (surement sociaux traitres, surtout à l'époque), ayant bien compris elle, que cela entrainerait une division des travailleurs, extremement préjudiciable aux travailleurs, et que nous payons tous les jours et à chaque mouvement social, quand les actionnaires du CAC 40 sont eux, unis comme les 5 doigts de la main.On peut même ajouter les containtes fortes (préavis de 5 jours, disponibilité totale...) qui pèsent sur les agents du service public, trop souvent oubliées.Elles peuvent pour certaines se justifier dans l'intérêt du service public, du point de vue du décideur, pas du point de vue du syndicaliste.Bref, j'ai franchement du mal à te suivre dans ton raisonnement.Pourquoi les fonctionnaires devraient-t-ils avoir l'emploi à vie ?Et si oui pourquoi devraient-ils être les seuls ?Et si tout le monde doit avoir l'emploi à vie, on peut refaire l'Empire Soviétique,ça a tellement bien marché...

cherki 30/07/2007 15:54

C'est drôle de constater qu' à aucun moment tu ne t'insurges contre l'explosion des inégalités dans le partage des richesses. Tu as le courage de ta classe, celui de t'en prendre aux salariés et aux fonctionnaires et non au capital financier...

niamreg 27/07/2007 12:22

La récente loi sur l\\\'autonomie des universités fait exactement la même chose en France avec les enseignants du supérieur, les enseignants chercheurs, les chercheurs et les personnels administratifs et techniques. La stratégie de Sarkozy est d\\\'y aller métier par métier, pour éviter les réactions brutales. Mais un gouvernement "socialiste" n\\\'a pas ce genre d\\\'état d\\\'âme, puisque c\\\'est son électorat qui pourrait descendre dans la rue, ce qu\\\'il ne fait pas parce qu\\\'à priori il a confiance. Qui a déréglementé le droit du travail et diminué les salaires, en cachant tout ça derrière une référence hebdomadaire à 35h fallacieuse (puisqu\\\'en même temps, la référence devenait annuelle, et non plus hebdomadaire)? Qui a privatisé les services publics? Je n\\\'ai jamais aimé l\\\'expression de sociaux-traitres, mais elle semble convenir à des gens qui abusent la confiance de leurs électeurs. Je vois là la raison principale des défaites électorales récentes, et moins récentes.

cherki 30/07/2007 15:53

Je ne partage pas tron analyse sur les 35h. C'était une super idée mais on a eu peur d'aller au bout de la logique et les patrons ont repris au niveau des entreprises sur la base des accords RTT ce que la loi avait concédé aux salariés.

emir 27/07/2007 11:12

Il faut aussi dénoncer la précarité grandissante qui touche les fonctionnaires en France. Il y a tout de même des salariés ultra précarisés comme les emploi aidés qui font le même travail qu'un catégorie C mais qui touchent la moitié du salaire ou encore les stagiaires gratuits qui servent de variable d'ajustement. Tout ça cumulé, on se rend compte que la fonction publique est autant attaquée que le contrat de travail privé et avec un contrat unique bientôt, on a intérêt à pas être trop anxieu (y'a peut être un deal entre les gouvernements et les fimres pour vendre plus d'anxiolitiques...). Friedman s'est inspiré d'Epicure.

cherki 30/07/2007 15:51

Ok avec toi Emir.

Vincent Carel 27/07/2007 00:16

Je ne vois pas ce qu'il y a d'étonnant dans cette information. A moins de vivre sur la planète Crypton, tout homme, tout français du moins sait que le PS est une organisation de droite qui défend le marché et les classes dominantes.
 

En France c'est sous le gouvernement Jospin que la précarité du travail a explosé et que le phénomène du travailleur pauvre est reparu ; c'est sous ce gouvernement que la liquidation des entreprises publiques a commencé (les fameuses ouvertures de capital) ; idem pour le démantèlement de la Sécurité sociale avec l'instauration de la CMU pour les pauvres et le transfert aux mutuelles du remboursement d'une partie grandissante des dépenses de santé  préparant l'évolution vers un modèle à l'américaine conforme à l'idéologie européenne qui pose que toute activité humaine doit relever du marché et de ses mécanismes.
 

En fait on peut dire que Sarkozy n'est que le continuateur de Jospin, qu'il fait au grand jour ce que les socialos déguisent sous des intentions charitables (comment s'opposer à la CMU à moins d'être un monstre sans coeur?). Ce qui m'étonne, en l’état actuel des choses, c'est le peu de socialos qui répondent aux appels du pied de notre président de la République. Mais c'est une autre affaire...
 

Pour en revenir aux bons socialos et au fait qu'ils formnt bel et bien un mouvement de droite, j'en veux pour preuve la pantalonnade dont ils nous ont gratifié au Parlement européen à l'occasion du vote sur la destruction du service public postal. Alors que tous les "socialistes" européens votaient comme un seul homme cette courageuse et inattendue directive, les bons socialos français se sont, avec leurs collègues belges (enfin ceux qui ne sont pas encore en prison pour corruption), ostensiblement désolidarisés d'avec leurs camarades en votant contre la libéralisation intégrale du marché postal. Admirable! D'autant que, le droit européen primant le droit national (comprendre que la volonté des conclaves bruxellois prime celle du peuple souverain), ils savent que, même s'ils accédaient au pouvoir, ils seraient contraints de libéraliser le marché postal français. Nul doute en ce cas qu'ils seraient déchirés d'être obligés de mener une politique de libéralisation contre laquelle ils ont voté -pour de rire! pour la galerie!
 

C'est là qu'on voit à quel point ils sont forts les socialos, qui parviennent à trahir même quand ils sont dans l'opposition. Respect! comme disent les dealers de drogue.
 

cherki 30/07/2007 15:51

Je suis en radical désaccord avec l'analyse que tu portes du gouvernement Jospin. Jospin a essayé d'inverser la logique de l'offre et pour la première fois depuis 1983 a essayé de reprendre des avantages au capital pour le travail. Notamment les 35h. En ravanch, l'erreur fondamental de Jospin et de ne pas avoir engagé le rapport de forces en Europe et de s'être laissé enfermer dans la logique libérale européenne (privatisations, Vilovorde), d'avoir changé de cap en 2000 et de s'être mis dans une contradiction qui l'a englouti à la fin.