Non à l'ouverture au centre !

Publié le par cherki

Ca recommence ! Une fois encore on nous ressort la soupe à l’eau tiède de l’ouverture au centre. Cette fois-ci c’est Dominique Strauss-Khan qui s’y colle en déclarant dans un entretien au journal le monde : " Ségolène Royal l’a dit : tous ceux qui rejoindront le " pacte présidentiel " auront vocation à rejoindre le gouvernement et la majorité présidentielle ". Et bien non, tout le monde n’a pas vocation à rejoindre le pacte présidentiel et encore moins le gouvernement. Le centre c’est la droite et Bayrou est de droite. Bayrou et l’UDF ont voté toutes les lois réactionnaires de la droite et depuis 2002 : Loi Fillon sur les retraites, Loi Fillon sur l’éducation, CNE et CPE. Et ce n’est pas la posture antisystème de Bayrou qui doit faire illusion. Bayrou est un révolté sur la forme et un agent de la droite et du patronat sur le fond. Bayrou ne veut pas toucher au rapport capital-travail qui favorise de plus en plus le capital au détriment du travail. Bayrou agite l’épouvantail de la dette pour bloquer toute politique sociale ou économique progressiste sans se demander si une réforme fiscale de grande ampleur ne pourrait pas dégager des marges de manœuvre nouvelles pour l’action publique. La liste est longue des " indices " qui nous conduisent sans aucun doute à ranger Bayrou dans le camp de la droite. C’est pourquoi il est inadmissible que des responsables socialistes envisagent ne serait-ce qu’un seul instant de pouvoir gouverner avec Bayrou. Enfin une telle posture relève de la méconnaissance fondamentale du ressort qui pousse actuellement une partie de notre électorat à envisager le vote Bayrou. Les gens de gauche n’envisagent pas de voter pour Bayrou parce qu’ils seraient attirés par les idées centristes ou même par celle d’une gauche dite moderne mais bassement sociale-libèrale. Si certains de nos électeurs envisagent de voter Bayrou c’est qu’ils ne voient pas de différences substantielles entre notre projet et celui de Bayrou. Dès lors tendre la main à Bayrou c’est le meilleur moyen d’accélérer le mouvement vers Bayrou d’autant qu’à force d’avoir vendu la légitimité de Ségolène Royal sur le seul terrain de l’efficacité électorale anti-Sarkozy indépendamment de tout contenu politique l’argument du vote Bayrou comme le vote le plus utile risque de nous revenir en boomerang dans la figure. Décidément il est plus que temps de faire apparaître un vrai clivage entre la gauche et la droite dans cette campagne électorale et il n’est pas sûr que les déclarations hasardeuses de Dominique Strauss-Khan soient le meilleur moyen d’y parvenir. Gouverner avec le centre ? Non-merci, je suis de gauche et ce sera sans moi !

Publié dans Action militante

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