Attention danger !

Publié le par cherki

Comme beaucoup de socialistes je n’y ai pas cru au début ? Il n’existe aucune base politique pour le Centre en France. Celui-ci a toujours servi d’appoint à la droite et Bayrou n’a pas dérogé à la règle. Il a été ministre sous des gouvernements de droite où il a mené une politique de droite. Depuis 2002 il a soutenu toutes les mesures les plus socialement réactionnaires des gouvernements de droite (Loi Fillon sur les retraites, CNE, CPE) et a voté les budgets de la droite. Enfin il fut un des plus ardents défenseurs du Oui lors du référendum sur la Constitution Libérale Européenne. Alors pourquoi malgré tout cela un nombre très important de françaises et de français se déclarent-ils disposés à voter pour lui au premier tour de l’élection présidentielle au point d’atteindre maintenant prés de 20% des intentions de vote dans certains sondages ? Tout simplement parce qu’il existe un rejet important de Sarkozy et de Ségolène Royal dans une partie sans cesse croissante de l’électorat. Sarkozy fait peur et Ségolène Royal ne suscite pas l’élan attendu. De plus en plus de français souhaitent en finir avec l’alternance UMPS dont ils ont l’impression qu’elle ne change rien à leur quotidien depuis 20 ans et qu’au contraire elle entraîne des aggravations de leurs conditions de vie. Dés lors se développe un sentiment qu’il faut renverser la table lors de cette élection pour être enfin entendu. Il se passe donc avec Bayrou le même phénomène qu’avec Le Pen. On vote pour eux parce que l’on est sûr de foutre le bordel dans le " système " et d’emmerder la classe politique. La tentation du vote Bayrou s’appuie aussi sur les contradictions de la campagne de Ségolène Royal. D’un côté on fait des promesses sociales (bien timides) sur le SMIC et la revalorisation des petites pensions et de l’autre on jure avec des cries d’orfraie qu’on ne touchera pas aux prélèvements obligatoires et que la dette constitue un vrai problème. Et comme on n’explique pas comment on pourrait récupérer une partie des 72 milliards de profits réalisés cette année par les entreprises du CAC 40 alors les français en viennent même à douter de la faisabilité de nos promesses. Aussi le discours de Bayrou centré sur la question de la dette et de l’affirmation comme quoi par honnêteté il ne promet rien car il n’y a pas d’argent apparaît paradoxalement comme une marque d’honnêteté auprès d’une partie de notre électorat dépité à la fois par l’absence de promesses ambitieuses et par les promesses non tenues. Pire même le discours d’un Le Pen ou d’un Sarkozy sur le refus de la société d’assistance trouve un écho dans un électorat à qui, à défaut d’expliquer que l’on peut augmenter le gâteau, cherche alors pour s’en sortir à en restreindre le nombre de bénéficiaires. Il existe un vrai danger pour la gauche dans cette élection présidentielle. Celui d’une absence de dynamique conjuguée à un transfert de voix vers Bayrou incarnant une radicalité de façade face des candidats vécus comme les représentants institutionnels d’un système désavoué. Il appartient à notre candidate de recentrer sa campagne sur les thèmes qui préoccupent les français et plus particulièrement le chômage et le pouvoir d’achat. Ségolène Royal doit devenir la candidate de la lutte contre le chômage et de la revalorisation du pouvoir d’achat. Pas simplement dans les postures ou dans les mots mais aussi dans des propositions plus audacieuses et au financement précisé. C’est à cette condition que sera suscitée la dynamique nécessaire à notre victoire, celle qui permettra le rassemblement du Oui et du Non et surtout du Non de gauche qui risque sinon de nous manquer en partie en avril et en mai prochain. A défaut il nous ne nous restera que le ressort du vote utile et de la peur de Sarkozy. Je crains que ce ne soit pas suffisant. L’instrumentalisation du vote Bayrou dans les sondages en montre les limites. En tout cas cela reviendrait à jouer cette élection sur un coup de dés. C’est un calcul très hasardeux qui serait assurément fait.

Publié dans Action militante

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