Leurs profits ne valent pas plus que nos salaires !

Publié le par cherki

Il y a plus de 20 ans François Mitterrand justifiait la tournant idéologique des socialistes par cette phrase " les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain ". Force est de constater que nous nous sommes lourdement trompés. En effet, les profits d’aujourd’hui sont les licenciements d’aujourd’hui et les profits de demain. 72 milliards d’euros, soit prés de 500 milliards de francs tel est le montant astronomique des profits réalisés cette année par les plus grandes entreprises côtées au CAC 40. Et où va principalement cet argent ? Dans la hausse des salaires et la modernisation de l’outil de production ? Non ! Il va quasi exclusivement dans la poche des actionnaires. Pendant ce temps les salaires sont bloqués et le pouvoir d’achat des salariés régresse entraînant dans la précarité des millions de familles dans notre pays. Et que font les actionnaires avec cet argent ? Ils cherchent le moyen d’en gagner encore plus, de pomper encore plus d’argent dans un nombre sans cesse croissant d’entreprises en préparant les charrettes de licenciement de demain ! Bien évidemment les fondés de pouvoir de ce nouveau capitalisme financier sont grassement servis. Il fait bon être très riche dans notre pays. Comment peut-on accepter qu’une seule personne possède une fortune de prés de 10 milliards d’euros ? On n’a pas de toute une vie pour dépenser cela. Par contre plusieurs millions de personnes pourraient très largement le faire en un temps record. Là est toute l’absurdité du système. C’est pourquoi il convient de s’entendre sur ce que l’on appelle la réconciliation des français avec l’entreprise. S’il s’agit de réfléchir aux meilleurs moyens de faciliter la croissance économique alors oui cela est nécessaire. Mais cela passera inévitablement par la mise en œuvre d’une politique vigoureuse contre le libre-échange et repose de facto la nécessité de l’élaboration d’un tarif extérieur douanier commun. Cela passe aussi nécessairement par la taxation plus forte du capital. En ce sens la proposition de Ségolène Royal de moduler l’impôt sur les bénéfices selon qu’il serait distribué aux actionnaires ou affecté à la modernisation de l’outil de travail et la revalorisation salariale va dans le bon sens. Il conviendra même d’aller plus loin et de revoir les bases de la fiscalité concernant les entreprises en l’asseyant non plus sur la masse salariale mais sur la valeur ajoutée afin de favoriser le travail et de pénaliser l’accumulation financière. De même qu’il faudrait taxer bien plus fortement les profits financiers et en affecter pour partie le produit aux régimes sociaux. A défaut la réconciliation avec les entreprises ne sera qu’un énième avatar justifiant le blocage des rémunérations salariales.

Publié dans Action militante

Commenter cet article