Pour des Etats-Généraux des quartiers et vite !

Publié le par cherki

Le drame survenu samedi soir à Marseille doit tous nous indigner. Nous devons souhaiter tout d’abord que la jeune étudiante de 26 ans, Mama Galledou, actuellement entre la vie et la mort s’en sorte. Nous devons ensuite souhaiter que les auteurs de cet acte inconsidéré soient identifiés, interpellés et traduits devant la justice A cette étape c’est le plus important. Mais, il nous faut également aller au-delà de la stupeur, de l’émotion et de l’indignation légitime.

Ce qui arrive actuellement dans une partie de nos quartiers est extrêmement grave mais malheureusement prévisible. Tous les éléments du cocktail détonnant et infernal sont en place depuis longtemps. D’un côté, une fraction de la jeunesse désemparée, exaspérée qui n’a plus comme seul horizon que la violence pour se faire reconnaître comme sujet existant dans le corps social. De l’autre des pouvoirs publics qui, au-delà des vagues proclamations ou incantations sur l’avenir de nos banlieues, n’ont comme seule réponse qu’encore et toujours plus de répression. A ce petit jeu désastreux il n’y aura que des perdants : jeunes, policiers, habitants des quartiers tant le coût humain, social et financier sera élevé pour ramener l’ordre par la seule force. Voulons-nous gérer à terme nos quartiers comme l’armée israélienne gère aujourd’hui la bande de Gaza ? Zéro perspective d’avenir et uniquement du maintient de l’ordre de plus en plus répressif et de plus en plus violent en miroir de la violence du désespoir qui habite aujourd’hui ces quartiers ? La comparaison, j’en conviens, n’est peut-être pas la plus heureuse, mais c’est la seule qui me vient immédiatement à l’esprit. Si la politique ne reprend pas vite ses droits, si une perspective de dialogue sérieuse et sincère entre les habitants de ces quartiers et les pouvoirs publics n’est pas rapidement ouverte, alors tout est possible dans l’échelle du pire.

Pourtant les ressorts positifs ne manquent pas dans nos banlieues.

Tout d’abord sa jeunesse. On l’a un peu trop vite oublié mais la majorité des jeunes qui se sont mobilisés contre le CPE habitent ces quartiers et dans leur quasi-totalité ils n’aspirent pas à brûler des bus. Est-ce si difficile que cela que d’envisager avec eux un avenir qui ne se réduise pas au chômage, aux stages bidons, aux emplois précaires et mal rémunérés ? Non ! Mais cela demande un sérieux effort d’investissement et une mobilisation de moyens sans précédents dans notre pays. Interrogez les organisations associatives, syndicales ou les mouvements politiques de jeunesse dans lesquels beaucoup d’entre eux s’impliquent et vous trouverez les solutions qui font aujourd’hui cruellement défaut.

Ensuite les habitants de ces quartiers. Pourquoi celles et ceux qui y vivent n’auraient aucune légitimité pour exposer leurs besoins et souvent des solutions ! On glose beaucoup sur la démocratie participative. Voici une occasion unique de la mettre en pratique à grande échelle et pour une grande cause.

Ensuite encore, les professionnels en nombre très insuffisant qui interviennent quotidiennement dans ces quartiers : travailleurs sociaux, médecins, policiers, enseignants et autres agents dévoués du service public qui contribuent à maintenir un lien social de qualité dans des conditions très difficiles.

Enfin les élus locaux en première ligne et qui depuis les nouvelles lois de décentralisation se débattent dans des conditions particulièrement difficiles.

Si le gouvernement voulait vraiment régler une grande partie des problèmes il commencerait par organiser tout de suite sur tout le territoire national des Etats-Généraux des quartiers avec tous les acteurs que j’ai cités plus haut et décréterait sans attendre qu’il s’agit de la grande cause nationale du moment. Et, à l’issue de ces Etats-Généraux, une loi de programmation budgétaire soit votée à fin de dégager les moyens nécessaires.

Il faut avoir confiance dans les ressorts de la démocratie pour résoudre la " crise " de nos banlieues. C’est une question de volonté politique. La droite démontre actuellement que son horizon est uniquement borné par une répression sans autre effet que celui d’accroître la crise. A la gauche de démontrer qu’elle pourrait mieux faire.

 

Publié dans Action militante

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roberto smart 05/11/2006 11:39

C pas mi a jour souvent !!!!!!