L'autre droite !

Publié le par cherki

 

 

Bayrou se prétend l’opposant  le plus vigoureux à Nicolas Sarkozy. Grand bien lui fasse. J’avoue que l’ego de Monsieur Bayrou est loin d’être la première de mes préoccupations. D’ailleurs être opposant à Monsieur Sarkozy ne suffit pas à faire de vous un homme de gauche. Jean-Marie Le Pen se considère aussi comme un opposant à Sarkozy, cela n’en fait pas un homme de gauche pou autant, loin s’en faut. De même que Dominique de Villepin qui ne ménage pas ses critiques à l’égard du chef de l’Etat. C’est pourquoi je ne peux qu’inviter mes camardes socialistes à la plus grande vigilance sur cette question. Bayrou est un homme de droite, en désaccord avec Nicolas Sarkozy dont il conteste la prétention hégémonique sur la droite. Ce n’est pas un phénomène nouveau. A chaque fois qu’émerge un leader de la droite il en apparaît peu de temps après un autre qui essaie de lui contester le leadership. La forme que tente de prendre la contestation de ce leadership dépend de la forme que tente de prendre la tentation hégémonique dont elle constitue un effet de miroir. Ainsi face à la domination de la droite gaulliste, l’autre droite s’est incarnée autour de Valéry Giscard d’Estaing. Comme la matrice du gaullisme était la prééminence de l’Etat selon une conception colbertiste et centralisatrice du pouvoir, la droite Giscardienne s’est structurée autour d’une conception libérale de la société et de l’économie. Giscard parlait même de construire une société libérale avancée. Quand Giscard est devenu Président de la République et a structuré son action autour de la construction européenne incarnée par son alliance avec le chancelier Allemand social-démocrate XXX, Jacques Chirac a entrepris de lui contester le leadership sur le terrain de l’ordre et de la défense de la nation, allant jusqu’à pourfendre le parti de l’étranger. Quand Chirac est devenu le nouveau leader de la droite dans le milieu des années 80, il a du faire face à une double contestation, sur sa droite avec le Front National et plus au centre avec Raymond Barre. En 1995, l’affrontement s’est fait entre Edouard Balladur, soutenu par Sarkozy et Bayrou, qui proposait d’approfondir une politique libérale économique de déréglementation et de privatisation et Jacques Chirac renouant avec une phraséologie gaullienne centrée sur la lutte contre la fracture sociale. En 2007, dans le cadre de la succession ouverte de Chirac une compétition s’est engagée sur le leadership de la droite entre Sarkozy et Bayrou.

 

Il convient de ne pas se laisser abuser par le positionnement de François Bayrou. Bayrou n’a pas changé il reste de droite. Simplement comme Sarkozy occupe tout l’espace allant du FN à la droite traditionnelle, Bayrou tente un débordement par l’extérieur en affichant un positionnement critique. Sarkozy ayant capté le plus gros de l’électorat traditionnel de la droite, Bayrou tente de siphonner une partie des électeurs de gauche. Mais, il ne s’agit que d’une simple posture dictée par la ligne politique adoptée par Sarkozy. La ligne politique de Bayrou n’est porteuse d’aucune dynamique durable. Son positionnement « républicain » par delà le clivage structurant gauche/droite ne saurait constituer une alternative sérieuse économique et sociale à l’offre politique de Nicolas Sarkozy. Le seul effet de l’action politique de Bayrou est de tenter d’affaiblir un peu plus la gauche. En ce sens Bayrou est le meilleur allié de Nicolas Sarkozy.

 

Il est plus que temps de réaffirmer que la gauche n’a pas à se laisser dicter son avenir par une fraction de la droite. Bayrou c’est au regard de Nicolas Sarkozy, l’autre droite. Et l’autre droite cela reste quand même et toujours la droite.

Commenter cet article