Ministre de la pagaille !

Publié le par cherki

Demain, la loi instaurant un service minimum d’accueil, plus connu sous le vocable de SMA, entrera pour la première fois en application. Cette loi est une mauvaise loi. Une mauvaise loi sur le fond des principes en ce qu’elle constitue une atteinte inadmissible au droit de grève des enseignants. Qu’elle ait été validée par le Conseil Constitutionnel ne change rien à l’appréciation que nous en portons sur le fond. La seule conséquence, mais elle est de taille, est que désormais elle fait partie de notre ordre juridique interne. Sur la forme ensuite, cette loi sera très difficilement applicable en cas de grève massive dans l’éducation nationale du fait des mécanismes de sa mise en œuvre. En effet, le droit de la fonction publique laisse jusqu’à 48h aux personnels de l’éducation nationale pour se déclarer grévistes. En pratique, l’Académie de Paris ne sera en mesure, même avec la meilleure volonté, de nous donner avec certitude la liste des écoles où le SMA devra entrer en application que 24h avant l’entrée en application de celui-ci. Or, Paris compte 660 écoles. Autant dire qu’en cas de grève massive celui-ci sera très compliqué à mettre en œuvre. D’autant plus si les personnels communaux sont eux-aussi en grève ce jour là. C’est pourquoi j’ai dès le début prévenu qu’en cas de grève massive cela se transformerait en un immense foutoir. D’ailleurs Monsieur Darcos s’en lave les mains puisqu’il a indiqué aux communes qui se préoccupaient de cette situation qu’elles n’avaient qu’à se débrouiller toutes seules. Bel exemple d’irresponsabilité d’un ministre dont le principal objectif semble d’être devenu l’organisateur patenté de la pagaille dans l’éducation nationale. C’est pourquoi de très nombreuses communes de gauche ont décidé de boycotter l’application du SMA. Nous les comprenons parfaitement. Néanmoins, à Paris, la municipalité a décidé d’essayer de l’appliquer au seul et unique motif que, quoique nous pensions du caractère scandaleux de cette loi, celle-ci est désormais devenue la loi de la République. En revanche, nous ne nous sentons pas comptable de son effectivité et nous prévenons d’avance celles et ceux qui en attendent une bonne application que nous craignons malheureusement que le droit d’accueil ne soit qu’un mot creux.

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