Les gesticulations du cabri !

Publié le par cherki

Monsieur Darcos fanfaronne dans les médias auxquels il a un accès illimité en cette rentrée scolaire. Pourtant il devrait être plus prudent. Sa boulimie sarkozienne d’annonces à répétition n’aura qu’un temps et il finira, comme tant d’autres avant lui, à être rattrapé par le réel. Cependant, de cela il n’en a cure pour la bonne et simple raison que quand ses prétendues réformes auront produit leurs effets néfastes, Monsieur Darcos espère avoir accédé à de plus hautes fonctions. N’étant pas partisan du statu quo, je ne suis pas comme Jack Lang campé sur la ligne Maginot de la politique passée de la gauche. Cela me donne encore plus de liberté et de sincérité pour dénoncer à leur juste manière les sois disantes réformes de ce gouvernement. Je prendrai un seul exemple, celui des rythmes scolaires. Je ne le redirai jamais assez, la réforme Darcos de la suppression du samedi matin est non seulement incongrue, elle est surtout et aussi très dangereuse pour l’équilibre de nos enfants. La France est un des pays d’Europe où l’on a le moins de jours d’école mais où, par contre, on travaille le plus pendant ces journées. Et, ce n’est pas parce que Monsieur Darcos vient du sud ouest qu’il doit gaver nos enfants comme des oies. La majorité des pédagogues vous l’expliquera mieux que moi, en pédagogie comme en économie, la loi des rendements décroissants est une réalité. Si ce gouvernement avait vraiment le souci des enfants, il engagerait une vaste consultation nationale pour aboutir à une refonte totale des rythmes scolaires où le temps quotidien d’enseignement serait allégé mais où au final on aurait dans la scolarité plus de jours effectifs d’école. Bien sûr cela ne fera pas consensus immédiatement. Mais, si le gouvernement accompagnait cette réforme d’une revalorisation substantielle du traitement et des carrières des enseignants et, si il accompagnait les collectivités locales dans les nouvelles contraintes que cette réforme impliquerait sur l’élargissement du temps périscolaire, il aurait alors les moyens de fédérer autour de ce projet novateur et utile à l‘épanouissement de nos enfants. De cela ce gouvernement n’en est pas capable car il lui manque l’essentiel, à savoir une réelle volonté politique et budgétaire à défaut desquelles il est conduit à mener une basse politique d’austérité budgétaire qu’il essaie de masquer par une agitation frénétique qui fait de Monsieur Darcos le ministre du bougisme à défaut d’être pleinement celui de l’éducation nationale. Monsieur Darcos devrait pourtant se souvenir de l’avertissement gaullien sur l’inanité des gesticulations des cabris. J’en ai presque oublié de vous parler des ouvertures et fermetures de classes dans le 1er degré. A Paris le bilan est plutôt satisfaisant puisque nous avons réussi à obtenir un solde positif de 11 ouvertures de plus qu’il n’y aura de fermetures de classes. Ce résultat est dû à la mobilisation sur le terrain des enseignants, des parents et des élus à laquelle, honnêtement, je dois reconnaître que le rectorat a fait écho.

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