Non à la casse del'école publique !

Publié le par cherki

 

 

 

Ne nous y trompons pas, le gouvernement n’agit pas dans l’improvisation sur la question scolaire. C’est même tout le contraire, il a un plan précis celui de désosser méthodiquement l’école publique, laïque et républicaine. Notre Ecole subit une attaque de grande ampleur, une attaque portée simultanément sur plusieurs fronts. Dans le primaire, le gouvernement s’attelle à une réforme réactionnaire des programmes. Au prétexte de revenir à l’enseignement des « fondamentaux » agité à destination de parents inquiets, il s’apprête en fait à dévaloriser substantiellement la qualité de l’enseignement dans le premier degré. J’en veux pour preuve la décision qu’il veut prendre de réduire de deux heures le temps hebdomadaire d’enseignement pour le ramener de 26 à 24 heures, tout en surchargeant les contenus existant et en y adjoignant de nouvelles manières, tout cela dans le seul but inavoué de récupérer des dizaines de milliers de postes de professeurs des écoles. De même, il souhaite s’attaquer à l’organisation de la maternelle dont il cherche au fond à la réduire à une seule année préparatoire au CP. Dans le second degré, il organise la purge systématique des moyens minant ainsi les efforts patiemment entrepris sur le terrain pour tenter d’enrayer la gethoïsation et l’échec scolaire au collège. Et d’alléguer à l’appui de sa politique des prétendues enquêtes de l’OCDE qui placeraient la France en queue de peloton de la réussite scolaire européenne tout en oubliant cependant de se pencher sur la comparaison des taux d’encadrement entre les pays et la plaie que représente l’organisation concurrentielle du système scolaire français. Mais de cela il n’est jamais question. Pire même, le gouvernement entende introduire la publicité de l’évaluation des écoles primaires dont les résultats conditionneraient désormais les moyes alloués et dont les effets ne manqueraient pas d’être un accroissement de la stratégie d’éviction déjà dramatiquement à l’œuvre. Mais de cela le gouvernement n’en a cure. Au contraire, il l’appelle de ses vœux tant il est obnubilé par l’idée de prendre une revanche idéologique sur l’école publique. Comment comprendre alors autrement la véritable déclaration de guerre au monde enseignant et aux collectivités locales que constitue l’annonce du Président de la République d’une loi prochaine sur le soi disant service minimum d’accueil les jours de grève. Le message est clair, le pouvoir recherche la confrontation sur l’école, il appelle de ses vœux une nouvelle guerre scolaire. Nous ne devons pas le laisser faire. Nous ne devons pas laisser ce gouvernement supprimer plus de 90 000 postes d’enseignants dans les cinq années à venir. Nous ne devons pas accepter qu’année après années les collèges se vident de leurs adultes spécialisés laissant des enseignants de plus en plus désemparés face à l’émergence de la violence. Nous ne devons pas accepter la remise en cause programmée des moyens affectés à la lutte contre l’échec scolaire durant le temps scolaire. Nous ne devons pas accepter l’autisme d’un pouvoir qui méprise ouvertement ses fonctionnaires en tenant un insupportable discours poujadiste à la face de nos enseignants. Nous n’avons plus le choix. Se taire en restant les bras croisés reviendrait à ne pas porter assistance à l’école en danger. C’est pourquoi toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la défense et à la revalorisation de l’école publique doivent se rassembler et se mobiliser pour faire reculer la politique inique de ce gouvernement.

 

 

 

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