Leçons d'une victoire

Publié le par cherki

Chers amis lecteurs et lectrices de mon modeste blog, je suis content de vous retrouver après une brève suspension pour cause de campagne municipale. Il convient de ne pas bouder notre plaisir après cette excellente cuvée électorale pour la gauche et les socialistes. Il convient aussi de tirer les premières leçons de cette élection.

 

1)      La droite a subi une défaite nationale de très grande ampleur

 

Toulouse, Strasbourg, Reims, Saint-Étienne, Reims, Dax, Poitiers, Caen, Blois, Amiens, etc. la droite perd un nombre impressionnant de grandes et de moyennes villes. En outre, la gauche accroît son avance dans de très nombreuses villes qu’elle dirigeait déjà. Ainsi à Paris, elle réalise plus de 57% atteignant même prés de 70% dans certains arrondissements à l’instar des bastions de la banlieue rouge au temps du communisme municipal triomphant. Cette victoire se traduit également par la conquête de plusieurs départements. Cette victoire a une signification nationale évidente, celle d’une sanction de très grande ampleur contre la droite, son président de la république et la politique de son gouvernement. Ceci se lit dans le vote des classes populaires qui ont majoritairement voté à gauche. La synthèse bonapartiste tentée par Nicolas Sarkozy a vécu. Une fois encore les français ont démontré leur rejet d’une politique libérale et ceci témoigne que c’est uniquement par nos propres faiblesses que nous avions perdu l’élection présidentielle de 2007.

 

2)      La baudruche Modem s’est dégonflée

 

Défaite de François Bayrou à Pau, disparition des élus Modem à Paris etc. le Modem apparaît pour ce qu’il est une baudruche politique artificiellement gonflée par des médias complaisants et quelques ludions de notre propre formation politique. Dans cette élection, le Modem a fait la preuve de son inutilité politique mis à part quelques rares endroits où son maintien a contribué à faire perdre tel ou tel candidat. Dans un pays marqué plus que jamais par la très forte bipolarisation entre la gauche et la droite, la place d’un centre autonome n’existe pas et n’existera jamais. Dès lors il serait bienvenu que l’ensemble des socialistes arrête de lorgner vers un centre introuvable qui, pour parodier Mitterrand n’est « ni de gauche, ni de gauche » et de se concentrer sur l’essentiel : rassembler la gauche autour d’une orientation et d’une dynamique à même de nous faire gagner en 2012. Or, notre électorat penche plus que jamais à gauche. L’extrême gauche réalise de bons scores traduisant une radicalisation d’une partie de notre électorat en raison de la dégradation de la situation économique et sociale dans notre pays.

 

3)      Un vote sanction à convertir en vote d’adhésion

 

L’ampleur de la défaite de la droite traduit l’ampleur du mécontentement du pays à son égard, à l’instar de ce qui s’était passé aux régionales de 2003 et aux européennes de 2004. Pour autant ce vote ne traduit pas une adhésion à un projet politique que les socialistes doivent construire ensemble. Pour y parvenir il faut commencer par tirer les bonnes leçons de ce scrutin en commençant par refermer la parenthèse inutile de la tentation d’alliance au centre, puis de s’atteler à une opposition sans concession à la droite et, enfin, de donner un débouché politique cohérent à la volonté de sortir de l’impasse libérale en France, comme en Europe. Espérons que ce sont ces leçons que nous retiendrons et que nous éviterons de retomber dans notre vieux travers, celui de la bataille du leadership où la surenchère des egos tient lieu de substitut mortifère à la détermination d’une ligne politique efficiente.

 

 

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jean-christophe 08/04/2008 08:19

La ville de Poitiers n'a pas été gagnée sur la droite car le maire sortant, jacques santrot socialiste était maire de puis 1977.C'est désormais alain Clayes, député ps qui préside aux destinées de la capitale poitevine

cherki 10/04/2008 22:41


Tant mieux alors, elle est restée à gauche. j'ai du confondre avec une autre ville de la Région, peut-être Angoulème.


germain 28/03/2008 14:46

J'ai un peu de mal avec votre discours. Le Modem a certes connu une défaite mais évoquer une inutilité politique est vraiment honteux de votre part (la politique ne se résume pas aux élection!). Vous devriez avoir la victoire un peu plus modeste, au vue des nombreuses défaites que vous avez essuyés. Que les élus socialistes s'occupent de régler leurs problème et de faire leur boulot convenablement au lieu de se réjouir de la défaite des autres.Hier soir, sur France 2, on a encore eu droit à ces querelles dignes d'une cour de récréation. Les incessantes accusations lancés contre le gouvernement par Fabius (même quand leur position était identique...) étaient déplacées vu le contexte actuelle au Tibet.Je souhaite qu'un jour les politiciens pensent vraiment à l'intérêt de la France, à défendre de vraies valeurs plutôt qu'à rester toujours dans cette optique de réussite personnelle et de compétition qui nuit à notre pays. Je souhaite aussi que la droite et la gauche puissent un jour reconnaitre le bon travail de l'autre. D'ici là, je continuerai à m'abstenir de voter pour ces partis.Apparemment vous étiez très occupés pendant la campagne, j'espère que vous le serez tout autant maintenant que les parisiens vous ont accordés leur confiance.

cherki 02/04/2008 12:07


Critiquer le gouvernement est la première fonction de l'opposition. Je sais que beaucoup ont du mal avec le clivage gauche-droite. Pas moi. Quant à invoquer la situation inquiétante du Tibet pour
inviter les acteurs du débat démocratique à cesser toute discussion sur les autres sujets, je trouve la ficelle un peu grosse.


Vincent Carel 19/03/2008 15:29

Le Modem a obtenu 16% des voix en moyenne dans les villes où il présentait des listes, pour une baudruche ça fait quand même beaucoup, ça fait surtout beaucoup plus qu'une extrême-gauche qui, en plus de son faible poids dans les urnes, ne s'investira jamais dans un projet de gouvernement, de quelque nature qu'il soit. Si j'en crois Marianne de cette semaine environ les deux tiers des électeurs du Modem se seraient reportés sur les listes de gauche, ce qui, dans les villes concernées, représente donc un dixième de l'électorat, soit nettement plus que l'agrégat des suffrages raflés par les innombrables chapelles de la super gauche.Par ailleurs, il me semble que la guerre des chefs a déjà comencé. Elle a commencé dès dimanche soir quand Martine Aubry a craché à la gueule de Ségolène Royal pendant sa déclaration télévisée. Elle continue avec l'interview de Cambadélis dans le Monde de ce jour. Qui s'en étonnera? Pas ceux qui se souviennent de l'attitude et des propos de DSK le soir de la défaite de Royal, un DSK qui avait bien du mal à cacher sa joie de voir Sarkozy élu au détriment de la candidate de la gauche...

cherki 23/03/2008 19:20


Si le Modem choisit le camp de la gauche alors il sera le bienvenu. Si il choisit de rester dans l'ambiguité du ni-gauche, ni-droite, alors qu'il y reste tout seul.


Deslandes Patrick 17/03/2008 21:51

Quelle belle soirée ! et que dire de la ville de Belley dans l'Ain, celle dont le maire a été il n'y a pas si longtemps le peu recommandable Charles Millon (ex-ministre de la Défense et accessoirement Président de la région Rhône Alpes avec l'aide du FN), que dire donc de Belley, qui passe à gauche (51%) avec à la tête de la liste des vainqueurs mon ami Jean Marc Fognini (PS) après un rêgne sans partage de la droite la plus réactionnaire depuis 1947 ?On a fêté ça dignement, croyez-moi.Patrick Deslandes qui se rappelle à cette occasion avec Monique au bon souvenir de Pascal.

cherki 23/03/2008 19:21


Bravo aux électeurs et aux électrices de Belley. Mes amitiès à Monique et Patrice.