En un sens il faut remercier Bertrand Delanoë d’avoir décidé d’aborder le congrès en ne délaissant pas la question de
l’analyse politique et de l’orientation. Son livre nous change des pensums narcissiques et autosatisafaits dont nous gratifient habituellement les dirigeants politiques. Non pas que son
livre, « de l’audace ! » ne soit totalement exclu de ces défauts mais il n’est
pas que cela. Dans son livre Bertrand Delanoë nous expose sa vision de la société et de la gauche. C’est de cela dont je veux parler maintenant. Bertrand Delanoë a une vision construite de la
politique. Sa matrice idéologique n’est pas nouvelle, elle est même extrêmement datée, c’est une synthèse de la pensée républicaine bourgeoise et de la pensée d’une partie de la gauche américaine
des années 70 et 80. A la pensée républicaine bourgeoise, Bertrand Delanoë emprunte le rejet de la lutte des classes même comme principe d’organisation[…]
Ne nous y trompons pas, le gouvernement n’agit pas dans l’improvisation sur la question scolaire. C’est même tout le contraire, il a
un plan précis celui de désosser méthodiquement l’école publique, laïque et républicaine. Notre Ecole subit une attaque de grande ampleur, une attaque portée simultanément sur plusieurs fronts.
Dans le primaire, le gouvernement s’attelle à une réforme réactionnaire des programmes. Au prétexte de revenir à l’enseignement des « fondamentaux » agité à destination de parents inquiets, il s’apprête en fait à dévaloriser substantiellement la qualité de l’enseignement dans le
premier degré. J’en veux pour preuve la décision qu’il veut prendre de réduire de deux heures le temps hebdomadaire d’enseignement pour le ramener de 26 à 24 heures, tout en surchargeant les
contenus existant et en y adjoignant de nouvelles manières, tout cela dans le seul but inavoué de[…]
Nous aurions pu penser que la très substantielle défaite aux élections municipales aurait conduit le gouvernement à reconsidérer sa politique.
Nous aurions pu penser que les mobilisations croissantes dans l’éducation nationale auraient conduit Xavier Darcos à
revoir sa politique et à entamer un vrai dialogue avec une communauté scolaire légitimement inquiète par les remises en cause concomitantes et brutales du service public de l’éducation
nationale.
Malheureusement nous ne sommes pas face à un gouvernement qui recherche l’intérêt général. Nous sommes face à un
gouvernement armé d’une volonté pathologique de revanche idéologique à l’encontre de l’école publique, laïque et républicaine. Cette volonté de revanche le conduit à multiplier les provocations
dans le seul but de tenter de manière pathétique[…]